Par Didier Varrod.

Irina Björklund est une interprète née à Danderyd en Suède, partie dès son plus jeune âge s’installer avec sa famille en Finlande. Actrice et chanteuse, ses nombreux séjours en France l’ont poussée à tenter aujourd’hui l’expérience d’une adaptation en Français de chansons traditionnelles et populaires finnoises.

Des chansons qui surgissent comme de petits joyaux en cette république où la musique traditionnelle carélienne traverse la mémoire collective de ce pays qui s’est longtemps cherché une identité, bousculée par les tentatives hégémoniques suédoise ou russe. Irina Björklund nous invite au voyage dans son trésor national qui semblait être écrit et composé pour être adapté.

Extrait de « La vie est une fête »

Des chansons populaires, qui ont rythmé la vie intime du peuple finlandais, il y en a beaucoup. Baptême, mariage, ruptures, surtout des chansons d’amour, mais aussi des chansons attachées à un film. Irina Björklund joue avec sa propre mémoire. Enfant, dans le cadre de ses études, elle écrit à une gloire nationale Leif Wager dont la chanson avait imprimé le souvenir d’un vieux film en noir et blanc. Séduit par les mots d’Irina, le chanteur l’invite chez lui, répond à ses questions, lui joue du piano. Vingt ans plus tard, elle le remercie de sa bienveillance et lui rend hommage en adaptant cette chanson culte dans son pays.

Extrait de « La voix des étoiles »

L’album d’Irina Björklund est numéro 1 en Finlande depuis des semaines. Tout un peuple découvre ainsi la langue française, revitalisant une mémoire en mouvement. Ainsi on se surprend à reconnaître une chanson qui a coloré le film glacial mais bouleversant de Aki Kaurismaki « Au loin s’envolent les nuages ».

Extrait de « Au loin s’envolent les nuages »

Quelque chose de blues, de lancinant dans le souterrain de chacune des chansons, cette nostalgie venue du froid, Irina Björklund la transcende en saudade polaire qui paradoxalement réchauffe le cœur. Cette confrontation sous jacente est souvent irrésistible.

Extrait de « Ma fleur bleue »

Irina Björklund pour réussir son pari a été cherché la grâce de Marc Collin, l’homme subtil qui a fondé l’aventure artistique « Nouvelle vague » qui a ressuscité tant de chansons de la pop culture. Leur tandem produit l’un des plus beaux albums de ce printemps. Et une belle illustration sonore du bien fondé de notre exception culturelle.

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.