n ne peut y échapper, c'est la sortie du nouvel album de Pharrell Williams, GIRL, et André Manoukian voit en lui un nouveau disciple de Quincy Jones

Pharell Williams
Pharell Williams © MaxPPP

Attention, ce matin on parle aristocratie, au sens éthymologique du terme : le gouvernement de l’excellence. Dans quel pays ça se passe ? Sur la planète Groove. Une décennie qu’elle est régie par Pharrell Williams, qui a gravi une à une les marches du pouvoir, depuis la création de son groupe Neptune jusqu’à produire plus de 40% des charts américains. C’est indéniablement un nouveau patron qui s’est assis sur le trône laissé vacant de l’empereur Quincy Jones.Penchons nous sur leur savoir faire. Tous deux, en véritables kings of pop, sont populaires tout en produisant une musique qui nécessite une technique d’écriture au moins aussi pointue que celle exigée par un Big Band Ellingtonien ou par un quatuor à cordes de la fin du Dix Neuvième Siècle.

Si Pharrell Williams maitrise le meilleur du groove depuis qu’il bosse avec Chad Hugo de Neptune, il n’hésite pas à faire appel au meilleur du classique quand il appelle Hans Zimmer, le pape de la musique de films. Dans Gust of Wind, il y a cette page de violons en arpèges staccatos, un savant mélange de doubles croches qui semble être nées de la rencontre entre un synthétiseur polyphonique générant des séquences aléatoires et un maitre dément du contrepoint. En arrière plan d’une rythmique aussi efficace qu’élégante, un entrelac de lignes fluides donne une profondeur vertigineuse à un tableau sonore en 3 D dont les différentes strates apparaissent au fur et à mesure qu’on les écoute.

Le chanteur passe de la voix pleine à la voix de tête avec le naturel juvénile et le détachement d’un adolescent qui fredonnerait une rengaine dans sa chambre, tout en jouant avec une véritable armada affrétée par les meilleurs beat makers de la planète, n’hésitant pas à exhumer des rythmiques désuètes des sixties, un petit coup de hoola Hoop par ci, un plan de doo wap par là, des claps en veux tu en voilà. Enfin la subversion ultime en ces jours, une propension à relier les habitants de la planète terre par la magie d’un claquement de mains. Le bonheur, c’est simple comme une claque de Pharrell Williams.

Les morceaux du jour : "Lost queen", "Gust of Wind", "Happy" et "Brand new"

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