André Manoukian présente ce matin le groupe Electro Deluxe, qui sort un album « soul funk » et qui sent bon les années 70. Cet album s’intitule « Home ».

Extrait de « Free yourself »

Chez les Hindous, la musique ne s’enseigne pas comme chez nous. On n’apprend pas la musique note par note, mais par de courtes formules mélodiques et rythmiques. Un peu comme dans la méthode globale, au lieu d’apprendre à lire en épelant chaque lettre, on apprend à reconnaître le mot entier.

Ces agencements de notes s’appellent « raga », et sont très codés. Par exemple pour faire la cour à une jeune fille, un musicien va lui jouer un raga spécifique et la jeune fille va comprendre tout de suite de quoi il est question.

Il existe un raga pour chaque sentiment, mais également pour chaque moment de la journée.

On n’écoute pas la même musique le matin en se réveillant que le soir, quand vous recevez par exemple votre voisine de palier qui vient d’emménager, qu’elle est Danoise et perdue à Paris, et que vous vous dites que oui, peut-être Dieu existe même s’il a mis du temps à se manifester ! Il y a donc une musique pour chaque moment de la journée, et j’affirme que la musique d’Electro Deluxe s’écoute le matin pour vous mettre la pêche, affronter le métro ou les embouteillages, puis les collègues de votre open space que vous trouvez terriblement sexys ce matin - pour peu que vous gardiez votre casque sur les oreilles- la musique d’Electro Deluxe s’écoute à midi quand vous partez faire votre jogging et elle s’écoute le soir, quand votre voisine de Copenhague se lève de votre canapé où vous alliez l’attraper et vous dit, « comme c’est cool, ça , c’est quoi, hmmm, I need to dance »

Extrait de « Twist her »

Le funk à la française, oui, pourquoi pas ? Après tout, il y eut le swing à la française, avec Ray Ventura et ses collégiens, et puis les jazzmen à la française, dont le plus célèbre d’entre eux, un certain Django Reinhardt, joua avec Duke Ellington à Carnegie Hall.

La bande de musiciens d’Electro Deluxe fait pendant aux excellents Commitments , ce film anglais hilarant montrant les déboires d’un jeune manager voulant monter un groupe de soul dans une cité dévastée par le thatchérisme.

Un groupe de funk est un groupe de fête qui sait animer des soirées, de la Bar Mitzvah de votre voisin du dessus au bal de Belleville. Pas de complexe, pour ces working class heroes.

Le musicien de funk est un prolo, il doit tenir pendant des heures une rythmique implacable avec des cordes de guitare et sa cuivraille chauffées à blanc.

Extrait de « Ground »

Pour un groupe funk, les reprises sont le passage obligé.

C’est en forgeant Percy Sledge, Sam and Dave, Otis Redding, Aretha Franklin et tous les Kings et Queens of soul que l’on devient forgeron. Les Electro Deluxe sont passés par cet exercice depuis plus d’une décade, et ont gagné le droit de composer leur propre répertoire, qui s’inscrit naturellement dans le droit fil de la musique de leurs maîtres. Ni synthé ni boîte à rythme, du pur vintage, vraies batteries, vrais clavinets et fender rhodes sans parler des cuivres bien trempés, de la basse groovy de Jeremie Coke qui vous fait retrouver l’africanité perdue de votre bassin et du chant de James Copley, un américain à Paris.

Extrait (2) « Ground »

Electro Deluxe au Carthage Jazz Festival à Tunis, avril 2013
Electro Deluxe au Carthage Jazz Festival à Tunis, avril 2013 © MaxPPP
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