A la fin des années 50, la moindre petite ville anglaise possédait son école d’art, dernier refuge des décrocheurs qu’on appelait autrefois cancres. De cette joyeuse fraternité sont sortis rien moins que Keith Richards, John Lennon, Pete Townsend, Eric Clapton, Ron Wood, Syd Barett, et David Bowie. Voilà pourquoi la scène pop anglaise fut aussi créative et flamboyante, c’est que tous ces relous eurent une éducation artistique. Mais chez nous l’art, c’était les Beaux Arts, ou rien… Le seul de nos chanteurs qui les fréquenta, Serge Gainsboug, en tira le recul nécessaire pour construire une œuvre formidable de poésie dont les sources furent, entre autres, Beaudelaire et Chopin. Mais il est un autre chanteur qui étudia les jolies paysannes du quattrocento en même temps que Joseph Beuys, performer allemand dont il était fan, qui refusa de fouler le sol américain et arriva à New York porté sur une civière pour s’enfermer 3 jours dans une cage avec un coyote, symbole de l’esprit des indiens.

Extrait : Heaven Sa spécialité, à Julien, c’est la performance, cet art éphémère venu du dadaïsme.Quand il se présente à la Nouvelle Star je reconnais tout de suite mon cousin alchimiste. La chair gravée des noms de Jean d’Ormesson et de Marcel Duchamp, il transformait les bouses en or, il vous faisait chialer sur ‘’j’ai tout mangé le chocolat’’, il transformait Dalida ‘’Moi je veux mourir sur scène fusillé par Drucker’’, mais fut interdit par Mylène Farmer de laisser Lolita "donner sa langue aux chattes.. "Plus qu’un dandy poseur, le bougre a une superbe voix bien timbrée, avec de l’air, à la diction appuyée, qui va déterrer dans les fondements de baryton léger des accents de Presley avant de prendre un envol falsetto-rigolo, comme une diva voulant exploser la maison Rock de la cave au grenier.Lointain descendant de Gustave Doré, ladies and gentlemen, Julien, Doré, à l’or fin, c’est sur..

Love, le titre de son 3ème album dont le O barré d’un trait oblique nous envoie sur la fausse piste d’amours scandinaves tarifées, signifie en fait lion. Le lion qu’il a pris pour totem : dans cet album, il est un grand fauve blessé léchant ses cicatrices en regardant le soleil se coucher sur la savane … Chaque mot est scandé avec l’urgence du gars qui dit : l’amour, bordel, j’en aurai jamais assez. Mais pour les connaître toutes, Julien, au sens biblique du terme, il faut les quitter. Ça déchire et ça inspire ; des histoires de promesses qu’à peine dites on sait qu’elles ne seront pas tenues, des villes traversées, théâtres d’amours qui ne durent que jusqu’au billet de retour.Avec sa garde rapprochée, les potes de son premier groupe Dig Up Elvis, Julien a fait l’album de la maturité, son numéro 3, le chiffre de la création, il est entré dans sa profondeur, un monde un peu noir parfois où une chanson détonne et nous ramène à la déconne du détourneur de génie : Cette splendide ode à Platini en forme de coming out situationniste... Extrait : Platini

Les liens

Julien Doré, le site officiel

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.