André Manoukian nous fait découvrir ce matin un jeune alsacien originaire de Saint-Pierre-et-Miquelon, Alex Keiling, qui sous le nom de The Wooden Wolf nous délivre une folk somptueuse semblant sortir des Appalaches…Extrait de "Palace of Sin"

Pratiquer la lenteur, le dépouillement, prendre le temps du silence, jouer avec l’expire et l’inspire, la pulsation du souffle dans le micro, voilà la vraie puissance de Wooden Wolf.

A l’écoute, difficile de ne pas évoquer "Into the wild", le film de Sean Penn sur le voyage initiatique d’un ado à travers l’Alaska qui finit mal, difficile de ne pas penser à "Easy Rider", autre voyage dans un autre temps qui finit par une autre mort, et puisqu’on est dans l’archétype de l’adolescent et de la mort, évoquons le grand patron du genre : Goethe, et "Les souffrances du jeune Werther", ouvrage interdit peu après sa sortie tant sa lecture provoqua de suicides.

Mais ayons une approche optimiste, comme dans le tarot de Marseille, et considérons, telle la pythie, qui vient toujours en mangeant, je ne sais pas pourquoi, que la mort évoquée ici marque la fin d’un état et par conséquent l’avènement d’une ère nouvelle. Extrait de "Your drinking shoulder"

Il faut bien sortir de l’adolescence un jour.

Mais notre Wooden Wolf semble vouloir faire durer cet état d’entre deux, où l’on n’appartient plus à l’enfance mais pas encore à l’âge adulte, où l’on est comme un vampire romantique entre deux mondes, où l’on voudrait s’extraire de sa tribu mais où l’on a encore besoin d’elle.

Le poète seul peut mettre des mots sur cet état de malaise. Et quand il fait bien le Job, voilà que sortent de la nuit les âmes de nos ados en tourment pour s’asseoir autour d’un feu de bois flotté sur une plage du Pacifique Sud, du moins c’est là qu’ils sont en voyage astral quand vous hurlez : "les garçons, à taaable", pour la énième fois, pendant que la purée refroidit...Extrait de "Only someone burning"

Dans la voix de de Wooden Wolf, la plainte du blues fait une alliance avec la folk des Hilbillies, ces clochards itinérants jetés sur les routes du grand ouest américain par la grande dépression de 1929.

Est-ce la proximité de cette crise, ou la vanité du consumérisme, qui fait jaillir aux quatre coins de Youtube ces nouveaux romantiques minimalistes, poètes militants d’une apocalypse au sens propre du terme, "Apo", en Grec privatif, "Kalupto" : "caché", signifiant ce qui n’est pas caché, donc ce qui est révélé.

Et si Wooden Wolf, barde boisé était un nouveau prophète ? Mais alors, la bonne nouvelle, c’est que les prophètes ne prêchent plus dans le désert, puisqu’ils passent sur France Inter, dans le 7/9 de Patrick Cohen, Alleluyah camarades !! Extrait de "Black velvet"

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Le site de The Wooden Wolf

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