Minino Garay est l’un des plus grands percussionnistes argentins. Il sort un album flamboyant, intitulé « Asado ».

Extrait de « Taquirari »

Minino Garay
Minino Garay © Radio France

L’Argentine, c’est un barbecue géant sur lequel on fait griller les meilleures vaches du monde en faisant tourner le thé des jésuites, la Yerba Maté, dans le sens contraire des aiguilles d’une montre pour ralentir le temps, en écoutant le chant d’un indien guarani, accompagné par une guitare espagnole et un accordéon ukrainien.

Ce barbecue œcuménique et païen s’appelle l’asado.

En 1530, une première vague de colons espagnols fut chassée par les Indiens Guaranis, abandonnant chevaux et vaches qui prospérèrent en liberté dans les hautes herbes de la pampa. 40 ans plus tard, les colons revinrent et trouvèrent des vaches musclées, dégraissées et des chevaux de compétition.

Le chef de l’expédition un certain Juan de Garay, était à coup sûr, un lointain ancêtre de notre percussionniste préféré, Minino Garay.

Extrait de « El sabor de tu amor »

Après avoir trainé ses tambours de percussionniste virtuose aux quatre coins de la planète, Minino redécouvre ses origines et sa ville, Cordoba, un endroit très spécial où règne une chose enviée du monde entier : la joie de vivre.

A Cordoba, on joue une musique spéciale, le cuarteto.

Dans les bals de campagne des années 60, quand les immigrants espagnols jouaient des pasodoble, les immigrants Italiens restaient assis, et quand les Italiens jouaient la tarentelle, les espagnols s’écartaient, jusqu’au jour où tout s’est métissé au son du cuarteto et toute la ville s’est mise à danser.

Extrait de « Suite gastro cordobesa »

Minino farcit ses chansons de ses nombreuses vies et de toutes les épices qu’il a ramenées de ses voyages avec Richard Bona, Dee Dee Bridgewater, Jacky Terrasson, Michel Portal, Toumani Diabaté ou Mercedes Sosa.

C’est un dynamiteur qui prend des genres qui sont déjà des fusions, comme la rumba ou le candombe, et qui en fait encore autre chose, n’hésitant pas à commencer par une incantation afro du génial flutiste Magic Malik ou de Natasha Atlas, Sirène « anglo-marocco-egypto-palestinienne »...

Extrait de « Flor de esguince »

La folie de sa musique répond à la déraison du monde.

Minino Garay, à travers les paroles de ses chansons, chante les maux de l’Argentine, qui connut, à peine sortie d’une des dictatures les plus meurtrières d’Amérique du sud, une crise économique sans précédent en 2002.

Minino exilé en France depuis 25 ans a trouvé dans la musique de sa Province de Cordoba, la force de répondre à la nostalgie de son pays.

L’Asado, c’est un barbecue géant sur lequel Minino Garai fait griller les meilleurs rythmes du monde qu’il fait tourner dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, pour faire durer plus longtemps le bonheur d’être ensemble.

Extrait de « Ella nacio de su tumba »

Minino Garay sera en concert au Studio de L’Hermitage à Paris, les 5, 15 et 29 novembre…

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