Gregory Porter, chanteur californien de jazz à la voix de baryton, revient avec un troisième album « Liquid spirit »…

Extrait de « No love dying »

Permettez-moi un petit saut dans l’histoire du cinéma. En effet, « chanteur de jazz », c’est le titre du premier film parlant sorti en 1927 avec Al Jolson, qui raconte l’histoire d’un blackface, d’un comédien blanc qui se passait le visage au cirage pour imiter les noirs en les caricaturant.

Le genre fait fureur aux Etats-Unis depuis 1820 dans les minstrels shows ; les noirs répondaient par des cake walks, des parades où ils parodiaient à leur tour les planteurs blancs, et où les plus drôles gagnaient un cake.

Minstrels, blackfaces, cakewalks, ces spectacles exutoires où les deux communautés se défoulaient en se moquant l’une de l’autre donnèrent naissance au jazz.

Mais c’est quoi un chanteur de jazz en 2013?

C’est quelqu’un qui renonce à la facilité, aux violons, qui évoque le combat pour les droits civiques et les figures assassinées de Martin Luther King et Malcolm X et qui attaque chaque note bien en face, d’homme à homme, mano a mano, comme Gregory Porter…

Extrait de « Liquid Spirit »

Les blessures font le style.

Gregory Porter arbore les siennes, comme un trophée :

Son éternelle chapka de homeless vissée sur la tête, comme une parure de chef indien, portée sur un strict costume trois pièces, nous dit : je n’oublie pas d’où je viens…

Il est enfant quand son père se fait la malle. Sa mère l’élève avec ses sept frères et sœurs selon les préceptes pentecôtistes.

Il dit de son enfance : « La musique d'Eglise a été la source à laquelle je me suis abreuvé et elle m'a toujours rendu confiant. »

Aussi quand une grave blessure le détourne de sa carrière de footballeur, c’est au chant qu’il retourne.

Extrait de « Movin’ »

Ce « gentle giant », ce gentil géant timide, se révèle comme un raconteur à la plume exquise et aux instrumentations raffinées.

Sa voix rare de baryton, renonce aux fioritures inutiles.

Et quand il grimpe dans les aigus, c’est par la voie directe, la face nord, en voix pleine.

S’il semble un instant se mettre en danger, ça n’est jamais pour faire de l’esbroufe mais juste pour nous relier avec là-haut, nous, mécréants que nous sommes…

Du gospel, il a gardé la sincérité du texte : « Le monde dépend de nous », dit-il en souriant, « soyons bons, il sera bon » .

Extrait de « Be good »

Gregory Porter sera en concert à Paris, au festival Jazz à la Villette les 11 et 13 septembre.

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Jazz à la Villette 2013  Retrouvez  toute la programmation du festival Jazz à la Villette 2013 sur leur site officiel

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