Bonjour André Manoukian, ce matin, Brésil oblige, vous nous offrez le meilleur de ce pays avec la compilation ‘’Bossa Nova, l’âme bohème du Brésil’’.

The girl from Ipanema

Fin des années 50, première pose dans la frénésie rythmique de l’après-guerre, en Jamaïque le rock steady ralentit et devient le reggae, au Brésil la samba ralentit et devient Bossa Nova, comme si après la furie dionysiaque des rythmiques trépidantes, la musique en maitresse experte nous disait ’’ tout doux tout doux, prenez le temps, voyez comme c’est meilleur quand c’est lent…’’

Joao Gilberto, un des inventeurs du genre, avec Antonio Carlos Jobim et Vinicius de Moraes, porte dans sa voix la douceur sensuelle et détachée, l’incarnation même de la nonchalance, l’invitation au voyage Beaudelairien dans les cheveux camphrés d‘une belle métisse indolente au regard un peu triste.

How insensitive

Lent mais dynamique, gai mais triste, et voilà que Antonio Carlos Jobim apporte une sophistication harmonique avec des descentes chromatiques d’accords inspirés par Chopin.

A l’érotique rythmique va se rajouter le romantisme européen dans toute sa splendeur, l’expression déchirante des tensions de Chopin qui est le maitre affirmé de Jobim. Nous voilà avec le meilleur du rythme et le meilleur de l’harmonie, qui mieux que le Brésil pour porter ce sublime métissage à la face du monde, mais qui va être son meilleur ambassadeur ?

La France, fille aînée de l’Eglise, sera la Marraine de la Bossa Nova, avec Henri Salvador, qui selon une légende contestée, serait à l’origine du genre avec cette chanson .

Dans mon île

Jobim l’aurait entendue et ce serait dit, c’est ça qu’il faut faire, un rythme lent.

La Bossa Nova, nouvelle vague en français, bande son idéale du film d’amour entre la France et le Brésil, avec nos Chabadabada men d’ ‘’Un homme et une femme’’ Pierre Barouh et Francis Lai dans les années 60 puis Rémy Kolpa Kopoul dans les années 80 qui nous fait connaître Chico Buarque et tous les néo bossa-novistes…

Exprimant le sentiment trouble d’une mélancolie heureuse, la bossa nova, si elle est blanche de formes et de rimes, est nègre bien nègre dans son cœur’’ comme disait Pierre Barous dans Samba Saravah…

Samba Saravah

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