André Manoukian nous présente un des plus beaux duos de soul depuis Sam and Dave : « Myron & E ». Leur album s’intutle « Broadway ».

Extrait de “I can’t let you get away”

A la fin des années 50, quand le jeune et radical Ray Charles utilise des musiques de gospel pour chanter des textes sexuels, il commet un sacrilège mais invente un genre musical majeur : la soul music, littéralement, musique de l’âme (mais aussi un peu du cul quand même…)

D’Aretha Franklin à Curtis Mayfield, les plus belles pages de la musique afro-américaines vont s’écrire jusqu’à ce que le disco sonne la fin de la récré. La résistance s’organise à l’étranger : Marvin Gaye se réfugie à Ostende, Tina Turner à Londres. En recyclant « Let’s stay together », cette dernière ouvre la voix à Sade, Carmel, Terence Trent D’Arby, toute la soul britannique jusqu’à Amy Whinehouse.

Mais c’est grâce à Tarantino que la soul revient au pays. Dans ses films, les versions originales des standards de la Motown nous paraissent terriblement modernes. Forts de ce son pur, sans ajout d’aucun synthé, arrivent, via la Finlande, Myron and E.

Extrait de “If I Gave you my love”

C’est une histoire d’amour improbable, entre deux gars de Los Angeles, et une bande de vikings Finlandais.

Eric, le E de Myron and E, DJ californien de The Roots, Missy Elliott, et Mary J Blige, un soir qu’il scratche à Helsinki, se met à chanter avec un groupe local, The Soul Investigators, qui connaît tous les standards de la Motown.

Nos fins funkateers finnois se proposent d’engager une collaboration à distance. Mais Eric est pris d’un doute : et si c’était sous l’effet de la Salmiakki Koskenkorva, vodka locale agrémentée de chlorure d’ammonium, de sucre et de réglisse, qu’il s’était lâché ce soir là à Helsinki ?

Il préfère bétonner et engage un deuxième chanteur qui deviendra son co-auteur, Myron Glasper, du ghetto de South Central.

Myron & E est né, sous l’égide d’un groupe finlandais, les Soul Investigators.

Extrait de « Cold game »

"A l'époque, il y avait des centaines de groupes, qui n’ont jamais percé, et qui sont pourtant phénoménaux. Nous essayons de garder l’esprit de ces pionniers vivants " explique Myron.

En effet, jamais un son vintage n’aura été si près des Drifters, des Delphonics ou autre Sam and Dave. Impossible de ne pas évoquer l’esprit de Marvin Gaye quand on écoute le chant lascif de nos soul men californiens qui plane sur ce projet comme une plainte qui s’étire d’aise, soutenue par des Finlandais nonchalants qui nous restituent l’époque par la seule grâce de guitares sexy, de tambours seventies et de violons découpant des contre chants espiègles autour des riffs implacables d’une section de cuivres digne des Memphis Horns.

Nos fins finnois vérifient plus que jamais l’adage deleuzien : un territoire ne vaut que s’il est quitté…

Extrait de « Going in Circles »

Les liens

La page de Myron and E sur le site de leur label

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.