Tout à commencé pour lui près du lac de Saguenay, au Québec où le jeune homme moderne structure sa mélancolie naturelle. Celle d’un adolescent pas si loin des figures évanescentes et anxieuses du cinéma de Gus Vant Sant. Moins désenchantée cependant que les garçons désœuvrées de Elephant mais pas si loin des antis héros de « my own private idaho ». Voilà donc l’hymne d’une génération glacée, celle de Peter Peter, chanteur qui écrit « Moi et mes amis travaillons fort à noyer la douleur et l’ennui. Nous forgeons au sein de nos ivresses, une version améliorée de la tristesse. »

Peter Peter illustre à merveille une réalité linguistique de nos cousins du grand nord. C’est la diction de la langue du vieux français, qui résiste quoiqu’il en soit aux assauts de la mondialisation. Du français qui ne transige pas avec le franglais. Du français qui s’échappe, d’entre les dents, pour distribuer un spleen moderne englué dans un mur de synthés.

Dans le monde de Peter Peter, il y a des nuits sans sommeil, des fleuves de bières, des instants kafkaïens où rien ne se perd mais rien ne se créé, des souvenirs de montées sous MDMA qui inventent un monde parallèle où l’on perd son identité.

C’est un album d’aujourd’hui sans nul doute, jouant avec les ressorts d’une littérature décadentistes. Et qui cherche à s’en sortir. Parce qu’il y a eu une vie adolescente de tumultes, faites de délires éthyliques et de perditions pas toujours contrôlés. Aujourd’hui le tout juste trentenaire Peter Peter s’est mis au sport, et met à distance son crépuscule des dieux. Il nous offre ainsi dix chansons d’une désarmante sincérité qui s’échouent sur les chemins étoilés où tout est permis, y compris celui de faire jouer le saxophone en rédemptionSi Peter Peter est encore loin de Pierre Rabhi et du « semeur d’espoir », il y a en revanche déjà dans la quête de ce trentenaire avide de beauté baroque, le désir d’approcher ce qu’il convient de dénommer de « la sobriété heureuse ».

Les extraits du jour : "Une version améliorée de la tristesse", "Carrousel", "MDMA" et "Les chemins étoilés"

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