Ibrahim Maalouf
Ibrahim Maalouf © Festival de Saint-Denis

André Manoukian nous parle à travers « Illusions » le magnifique album d’Ibrahim Maalouf, du renouveau du jazz, qui, dit-il, vient d’Orient… Il est aussi le récent lauréat des victoires du jazz.

Extrait de « In pressi »

Une musique reste vivante tant qu’elle reçoit l’apport de nouveaux ingrédients. Le jazz, depuis sa naissance à La Nouvelle Orleans, n’a cessé d’évoluer, amalgamant les monodies indiennes aux rythmes africains, le quadrille des tuileries au shuffle irlandais, la clarinette klezmer aux harmonies de Ravel jusqu’à Miles Davis, génial trompettiste toujours à l’avant garde qui invente le jazz modal, puis le jazz cool, puis le jazz rock.

A sa mort, son successeur est désigné : Wynton Marsalis, jeune trompettiste virtuose de la Nouvelle Orléans, sera celui qui ramassera la flèche lancée par Miles pour la lancer plus loin encore.

Eh bien non, contre toute attente, Wynton dit stop : le jazz est la musique classique du XXème siècle, revisitons-le, mais attention, c’est nous, les Afro-Américains qui avons les clés du musée, et voilà qu’il sort un album de New Orleans. Le jazz, que rien n’arrête, traverse alors l’Atlantique pour aller là où le soleil se lève : c’est de l’Orient que vient la lumière, c’est de l’Orient que vient la relève. C’est de Beyrouth via Paris, que nous arrive le successeur de Miles, Ibrahim Maalouf.

Extrait de « Nomade slang »

Une nouvelle génération de jazz men lui rajoute les ingrédients folkloriques de leur pays.

En France, les frères Chemirani mêlent tambours sacrés Iraniens aux chants occitans, en Israël, Avishai Cohen mélange les rythmes salsa aux polyrythmes des Balkans, en Tunisie, Dhafer Youssef, oudiste virtuose construit son chant soufi sur des rythmiques newyorkaises, dans le Caucase, Tigran le grand nous produit une des musiques les plus inventives qui soient et enfin du Liban, Ibrahim le magnifique nous envoûte avec son légendaire quatrième piston.

Extrait de « Busy »

Neveu de l’académicien Amin Maalouf qui écrivit entre autres l’édifiant « Les croisades vues par les Arabes », fils du trompettiste Rushdi Maalouf qui inventa un quatrième piston à la trompette pour jouer les quarts de ton arabes, Ibrahim Maalouf développe un style particulier.

Tout d’abord, il fait sonner sa trompette comme un bugle. En gros, le bugle est une grosse trompette avec un son plus rond, plus doux, qui est surtout utilisé pour les balades.

Eh bien Ibrahim développe à la trompette un son aussi rond et doux qu’au bugle, accentuant ainsi sa dynamique émotionnelle qui lui permet de passer du murmure sensuel d’un gros matou à la fureur cuivrée d’un Maximus Decimus, le Gladiateur de Ridley Scott qui déchaîne ses enfers sonores face aux barbares.

Ibrahim le magnifique fissure les murs de Jéricho…

Extrait de « Unfaithful »

Ci-dessous, un extrait d'un concert au New Morning :

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Le site officiel d'Ibrahim Maalouf

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