André Manoukian présente le nouvel album de Miossec , qui sort aujourd’hui, et s’intitule « Ici bas, ici même ».

"Ici bas, ici-même" de Miossec
"Ici bas, ici-même" de Miossec © DR

"On vient à peine de commencer"

‘’On aurait du prendre le temps de souffler pour profiter de la vue.

Les années ont filé beaucoup plus vite que prévu mais c’est pas fini, on peut encore se raccrocher à la poésie’’…

Tout est dit, en peu de mots, c’est si beau, si simple, qu’on se demande pourquoi on n’y a pas pensé avant ?... Mais c’est l’art du songwriter. Pourquoi je le dis en anglais, parce qu’ en français, on doit employer trois mots, auteur et compositeur de chansons. Auteur en soi, c’est noble, compositeur aussi, quoique plus flou. De musique classique ou de musique légère?

et pour finir, le coup de grâce, auteur… compositeur.. de chansons. Le mot chanson qui vient en dernier sonne fatalement comme une déception, une sous catégorie littéraire.

Comme si on disait auteur … de gaudrioles…

Alors qu’en anglais, le mot Song vient d’abord, et puis writer derrière.. Clairement, l’auteur est au service de la chanson, qui est un monde à part entière et que peu de chevaliers peuvent se prévaloir de servir.

Miossec à la cour du Roi Arthur, fait partie des élus, et en tant qu’inspiré, il ne la ramène pas, il fait, des chansons, superbes, et depuis longtemps.

"Qui nous aime"

La voix rocailleuse mais pas forcée, il ne joue jamais à être plus Tom Waits que Tom Waits.

Au contraire, malgré le tabac et le houblon suggéré par le gainage des cordes vocales en mode gainsbourien nicotiné jusqu’à la moelle, ses accents de petit garçon têtu, qui jamais ne se départit de sa naïveté nous donnent à voir son propre émerveillement devant le miracle d’une chanson qui nait d’un gratouillis de guitare et de quelques notes de clavier, dans la chambre de sa maison de Bretagne, quelque part dans le Finistère nord, à la limite de la terre, juste avant que l’Océan n’embarque tout, dans un coin où l’on résiste encore.

"A l’attaque"

On appelle Jazz racine le mariage du jazz et du vaudou.

Au sorcier Miossec, conviendrait le terme de chanson racine.

La racine si elle relie au passé étend ses rhizomes dans la glaise, pendant que les elfes là haut dans les branches transmettent l’énergie du soleil aux feuilles.

Miossec, lui bosse en bas dans la glaise.

Il malaxe et pétrit le sel de la terre pour nourrir son arbre à chansons de mots simples.

Le lyrisme est trop vulgaire pour notre hobereau Breton.

Il connait le langage des éléments.

Comment fait-on pour dire autant avec si peu de mots, avec une grande musicalité, jamais dans les clichés même quand l’accordéon pointe son nez..

Ah le superbe travail du clavier Albin de la Simone.

Il jouent si juste Miossec et Albin que l’on entend les rires de joie des esprits farceurs, vous savez, ceux qui se cachent sous les tapis des écrivains pour égarer leurs stylos..

"Des touristes"

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