Ce matin à l’occasion de l’anniversaire du 40ème anniversaire de l’aéroport Paris Roissy Charles de Gaulles, Didier Varrod a cherché à tester la popularité des aéroports dans la chanson. C’est l’histoire d’un dialogue sur fond d’avion en flammes entre Florent Marchet et Jane Birkin , directement inspiré des ultimes conversations téléphoniques des passagers du 11 septembre. La chanson s’intitule Roissy. Pour nourrir la mythologie de Roissy, ça fait un peu mal. Autant vous le dire d’emblée. Pour les chanteurs l’aéroport n’est pas le meilleur terrain de jeu d’expression. Peut être parce que la musique d’aéroport se confond souvent avec la musique d’ascenceur. A l’inverse du cinéma où l’on ne compte plus le nombre de scènes mythiques tournées dans les aéroports du monde entier, la chanson elle semble préférer déserter ce lieu pourtant si propice à l’inspiration. Les aéroports portent pourtant des noms qui souvent font rêver. C’est sûrement ce qui a poussé Romain Didier à écrire ce qui reste son plus grand tube en évoquant l’aéroport de Fuimicino qui vous fait atterrir à Rome

Même le mythique Kennedy Airport tellement emblématique pour beaucoup de voyageurs de la découverte des Etats-Unis, reste absent des radars de la chanson. Seule notre Sheila nationale interprète en plein atterrissage dépressif post disco « Kennedy Airport », adaptation sans dépressurisation de la cabine d’une chanson originale italienne signée Toto Cutugno

Vous l’aurez compris, la chanson sur Roissy reste donc encore à écrire. Si le destin du Concorde avait été plus heureux, Roissy, tarmac amoureux de l’oiseau à bec incliné, aurait peut être suscité plus de refrains populaires. Ce concorde devenu le vestige de la splendeur économique oubliée…Il faut quand même se souvenir d’une époque où regarder décoller les avions était un voyage en soi. C’est tout le génie d’un Gilbert Bécaud qui en 1963 écrit ce chef d’œuvre qui illustrait le désir d’avenir des classes populaires pour qui s’envoler était le premier signe de l‘émancipation sociale. Et Orly le premier symbole d’une frénésie touristique en marche.

Une chanson si mythique qu’elle poussera d’ailleurs Jacques Brel , pilote d’avion lui-même, à lui rendre à son tour un bel hommage et à écrire ainsi la plus belle chanson inspiré d’un aéroport. La séparation d’un couple, devient la métaphore bouleversante d’un homme en train de se séparer de sa propre vie.Pour conclure, je ne peux pas passer sous silence l’album de Brian Eno « Music for airports » véritable pierre musicale ayant forgé les fondations de la musique électronique ambiant. Ce qui nous ramène logiquement au moment de fêter ce quarantième anniversaire de Roissy, au lien avec Radio France. Car, faut il le rappeler, l’indicatif officiel de Roissy est l’œuvre du compositeur Bernard Parmegiani et fut imaginé dans le cadre du légendaire groupe de recherche musical crée par Pierre Schaeffer en 1958 et toujours hébergé à la maison de la radio. Attention ça dure à peine 4 secondes mais c’est pour tout les voyageurs la petite musique de Roissy, synonyme de grands et beaux voyages.

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