André Manoukian présente ce matin une jeune Argentine qui s’est installée à Paris, Natalia Doco, qui sort son premier EP ‘’Freezing’’.

natalia doco
natalia doco © Radio France

"Freezing (in the sun)"

Si ça n’a l’air de rien, une bluette, un air que l’on fredonne, c’est que c’est le produit d’un travail qui, justement, ne doit pas se voir.

Le petit air doit sembler naturel, il doit être entêtant, il doit pouvoir nous prendre à n’importe quel moment de la journée.

Il doit nous être indispensable comme l’air que l’on respire.

C’est lui que l’on fredonne quand on rencontre l’amour, c’est lui qui fait la preuve de notre humanité quand on est perdu dans un milieu hostile, et quand tout est fini, il nous accompagne pour nous donner le courage d’affronter le grand mystère.

Un air, un air de rien, une bluette, c’est la chose la plus difficile à produire, et c’est ce que fait si bien Natalia Doco, elle nous chante des ritournelles et sa voix sonne comme celle de la copine que l’on rêve de voir emménager dans l’appart d’à côté, celle que l’on ne voit que dans les comédies romantiques anglaises et que le destin envoie pour qu’elle nous apprenne la leçon ultime: l’insoutenable légèreté de l’air..

"Mucho chino"

Elle a galéré, Natalia Doco, qui a fuit son pays l’Argentine a 20 ans. Séduite par la fée téléréalité, elle s’enfuit en pleines demi finales comme dans une comédie romantique américaine, quand la mariée, plante tout le monde à l’église et s’enfuit en courant avec sa traine et les pieds nus.

Natalia se réfugie au Mexique qu’elle va parcourir pendant 5 ans à jouer ses compos dans des bars.

C’est l’amour finalement qui va l’installer à Paris, c’est loin de chez elle qu’elle va enfin se trouver et trouver sa bande, des musiciens venus de partout menés par le maestro Jacques Ehrhart, l’homme de « Chambre avec vue » d’Henri Salvador, du « Sac des filles » de Camille, de « Navega » de Mayra Andrade.

Parfois, il faut se perdre pour se trouver, comme disait Sidharta.

"Comets"

Chez nous, maintenant , c’est chez elle, dit Rémy Kolpa Koboul, RKK, l’inventeur de la sono mondiale à qui tous les musiciens d’Amérique du sud, du nordeste au cap de bonne espérance, doivent ex votos et statue, car il a du en découvrir plus de la moitié. C’est sur le berceau de Natalia qu’il se penche désormais, et avec une grosse fée poilue comme ça, gageons que la belle est cette fois ci bien lancée..

Et nous voilà dans une comédie romantique à la française cette fois.

Natalia sait aller chercher le growl au fond de la voix tout en restant naturelle. Le growl, le son du sax qui grogne, le ronronnement d’une féline endormie qui s’étire d’aise, un peu comme vous Dominique quand vous tombez sur un rapport secret de la cour des comptes.

Il faut s’oublier, il faut s’en fiche un peu, pour être cool..

Mais dans les refrains, soudain ses aigues allument son spectre sonore. La petite sœur de Manu Chao est opérationnelle, et la trompette respectueuse l’entoure de ses volutes bienveillantes..

Elle est jeune mais sa voix, à peine voilée d’un regret, exhale un fond de saudade, ce blues de l’exil qui fait vibrer le monde et nos cœurs.

Elle aime Charles Aznavour, Carlos Gardel, Chavela Vargas et

les Beatles, un groupe anglais des années 60.

"And I love her"

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