Ce matin, André Manoukian nous parle du groupe Moriarty qui sort un album de reprises folk, « Fugitives ». Moriarty dont la chanteuse Rosemary Standley ne le laisse pas indifférent…

Extrait de « Matty Groves »

Rosemary est belle comme Billie Holiday. Rosemary est intemporelle. Rosemary aime chanter entourée de ses hommes avec un seul micro pour tous. A l’ancienne. Le placement des musiciens fait la balance. Comme dans les années 30 où l’on mettait le batteur tout au fond, la chanteuse devant et le pianiste sur le côté. Il n’y a pas de piano chez Moriarty. Dommage… J’aurai adoré jouer dans ce genre de groupe qui possède une machine à remonter le temps. Cette machine, c’est la voix profonde de Rosemary.

Ce son reconnaissable entre mille, elle le place d’abord dans sa gorge, étirant le sommet de sa tête vers le haut, posture magnifique de la mezzo-soprano, puis elle allume un à un les résonateurs de son visage, pommettes, nez, front, et elle déploie enfin sa voix à la justesse d’un charmeur de serpents pratiquant le souffle continu, et nous voilà attrapés au lasso.

Extrait de « Ramblin’ Man » (avec Moriba Koita au n’goni, la guitare malienne à 4 cordes).

Quinze ans qu’ils sont ensemble les Moriarty et encore, on surprend le regard épaté des garçons quand elle projette ce son unique, placé comme sur des rails. Ce son qui vient d’un temps où les chanteuses étaient des filles de mauvaise vie qui chantaient dans des bars de marins et qui pour se faire entendre, devaient couvrir le piano bastringue qui ne leur laissait pas beaucoup de place ; alors seulement, on faisait silence, on arrêtait de se battre et on écoutait la chanteuse avec un sourire ravi après avoir craché ses dents…

Extrait de « Buffalo Skinners »

Les Moriarty sont tous fascinés par le blues du Bayou, tant qu’à s’inspirer, autant partir des origines. C’est là qu’est la matrice de toutes les musiques américaines, du folk au jazz en passant par la country.

Après s’en être longtemps inspirés, ils sont enfin prêts à rendre hommage aux anciens, les maitres du songwriting : Woody Guthrie, Hank Williams, Willie McTell.

Ces chansons furent transmises à Rosemary par son père, Wayne Standley qui fait partie des guests de cet album avec le groupe Mama Rosin et Don Cavalli que l’on écoute maintenant dans la complainte d’un assassin…

Extrait de « Down in the willow garden »

Moriarty nous raconte des histoires à la manière des frères Coen, des fugitifs, des loosers magnifiques et touchants, des amants assassins, des bandits au grand cœur, des cowboys romantiques, des femmes abandonnées, jusqu’à un marchand de bonbons pervers…

Extrait de « Candyman »

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