@ Light BlueIl existe deux pôles dans la planète des pianistes de jazz, l’un s’appelle Bill Evans, l’autre Thélonious Monk. Tous les autres pianistes se situent sur un méridien quelque part entre les deux. Le premier, Bill Evans, issu d’une famille aisée de mélomanes, étudia Ravel et Debussy, et initia Miles Davis à la musique modale. Le second, Thelonious Monk, inventa les règles du Bebop avec Charlie Parker qui avait la fâcheuse habitude de vendre la trompette du même Miles Davis pour se payer de la dope.Le premier dépliait les accords en arabesques délicates, en ayant le génie de gommer leur complexité, un peu comme Dominique Seux qui nous explique l’économie le matin.Le second repliait les harmonies sur elles mêmes, réduisant les accords de la main gauche à 2 notes essentielles.Thélonious appuie là où ça fait mal, et qu’est-ce-que c’est bon… @ I mean you

En 1944, quand Miles Davis arrive à New York, il n’a qu’une idée: Jouer cette nouvelle musique qui s’appelle le Be Bop. Il se rend donc au Minton’s, un club qui ouvrait à 4h du matin où se retrouvaient tous les musiciens de New York.Là, il fallait être sévèrement burné et avoir quelque chose à dire pour monter sur la scène.Donc quand Miles Davis débarque, les boss sont Kenny Clarke à la batterie, Charlie Parker au sax, Dizzie Gillespie à la trompette, et Thélonious Monk au piano, en alternance avec Bud Powell.Ils jouent, pour leur plaisir, une musique sans concession. Plus besoin de faire du swing pour faire danser, ou de jouer des ballades langoureuses pour gangsters amoureux, non, ils se déchainent, ils font tout péter, le tempo, les harmonies, et les solos, comme des furieux…@ Straight no chaserEt puis à 7h du matin, quand ils sortent, le rituel, c’est de finir dans l’appartement de Monk qui habite pas loin. Là, il se met au piano, et ils analysent ensemble ce qu’ils viennent de faire toute la nuit, un peu comme le débrief d’une conf de presse, mais en plus funky…En fait, c’est chez Monk qu’ils écrivent les règles qui vont donner au musicien la liberté de s’envoler. Certains sont allés si haut, qu’ils se sont cramés : Charlie Parker s’éteint à l’âge de 34 ans, miné par la drogue et l’alcool chez la baronne Nica de Koenifswarter, le médecin légiste estimant son âge à 60 ansC’est chez cette même NIca, protectrice des jazzmen, que Monk, l’homme au chapeau chinois qui ramenait de ses tournées des valises entières de bouteilles vides de Coca pour la consigne, passera les 10 dernières années de sa vie, reclu dans une chambre, sans doute à se chanter des solos dans sa tête qu’aucun instrument sur terre ne sera jamais capable de jouer. Ce qu’on entend est un des derniers concerts qu’il donna, c’était à Paris, Salle Pleyel en 1969..

@ Ruby my dear

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.