André Manoukian nous présente ce matin un groupe sorti des brumes d’Islande, Hjaltalin et son album au titre mystérieux : « Enter 4 ».

Extrait de « Letter to (…) »

Dans "Enter 4", le chiffre 4 concerne en fait la quatrième dimension.

Celle que le chanteur du groupe Hjaltalin, Högni Egilsson a appréhendé au cours de ses nombreux séjours en hôpital psychiatrique durant les sessions de cet album. Et c’est là tout l’intérêt de ce disque, c’est qu’il navigue entre l’art, la folie et l’amitié. La 4ème dimension n’est pas celle du temps, mais celle d’un monde parallèle que le chanteur a visité au cours de ses internements. A travers ses textes mystiques, il tâche de traduire cette expérience.

L’art est une affaire de territoires et de limites. L’écrivain repousse les limites du langage. Certains vont trop loin et voient des choses trop grandes qui les dépassent.

La folie de Nietzsche fait pendant à celle du joueur d’échecs de Stefan Zweig qui a tellement de coups d’avance qu’il est au-delà de la partie qui se joue devant lui, et finit par faire n’importe quoi…

Extrait de « Forever someone else »

La Pythie de Delphes, sous l’empire de la fumée de jusquiame, délivrait l’oracle. Qu’est-ce qu’un chanteur s’il n’est pas inspiré ?

Inspirer, inhaler, au fond c’est la même chose.

N’avez-vous pas observé ces artistes qui, les yeux révulsés, semblent partis dans un autre monde...

La musique est dangereuse, disait Edgar Cayce, théosophe de la fin du XIXème siècle, car elle vous ouvre les chakras. Et si vous avez vos chakras trop ouverts, gare, vous risquez de vous faire pénétrer par un esprit qui cherche un corps pour s’héberger, et voilà que vous êtes soudain, deux à l’intérieur de vous-même…

Extrait de « On the peninsula »

Qu’est-ce-qui fait la spécificité de la scène islandaise ?

L’Islande est un drôle de pays, partagé entre la mythologie nordique et la religion chrétienne, où longtemps il fut interdit de danser, et où la musique monophonique du Moyen Âge a perduré jusqu’au XIXème siècle.

Les Islandais dans leur grande majorité ne nient pas l’existence des Elfes.

Le peuple caché, le huldufolk en Islandais, des elfes, trolls et farfadets vient du fait qu’Eve, à qui Dieu demanda de voir ses enfants, ne les ayant pas tous lavés, eut honte et en cacha certains. Ce mensonge lui valu la damnation de l’Eternel qui condamna les enfants cachés à le rester pour l’éternité. Aujourd’hui, il arrive fréquemment que les Islandais quand ils construisent une nouvelle route, la détournent parce qu’on la soupçonne de passer sur la maison d’un Elfe. Au fond, Hjaltalin, à travers son album sur la 4ème dimension, nous raconte tout haut ce que les Islandais voient tout bas : le monde idéal des esprits fondamentaux…

Extrait de « Crack in a Stone »

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