André Manoukian fait découvrir ce matin un chanteur électro australien au pseudo qui pourrait sonner comme un gag si sa musique n’était pas si brillante : Chet Faker .

"Release your problems"

Entre nu soul et folk blues du Bayou, mixé façon électronica, c’est à dire avec beaucoup d’écho, Chet Faker invente un son. La voix trainante aux accents folk bucheron d’un Ray La Montagne, l’after beat 2 step branché pour le groove, notre chainon manquant invente à lui tout seul une fusion. Il s’appelle Nicholas Murphy, il est australien et il a pris comme pseudo Chet Faker en hommage à son idole Chet Baker pour

le chant nonchalant et l’abandon jazzy. Chet le faussaire se hisse dans le club très fermé des princes de la Nu soul dont d’Angelo en son temps fut le roi.

Ce gars là possède une métrique diabolique, légèrement décalé en arrière, il s’étire nonchalamment en baillant sur la mesure.

Par son seul placement vocal, il pourrait faire swinguer un métronome!

Chet Faker est le premier viking blond barbu hipster christique australien qui groove comme un black.

"Talk is cheap"

Un riff de sax samplé dans l’écho, des chœurs en boucle, quelques notes de piano, le tout déstructuré, qui alterne, tourne, se relaie, se répond, une ligne de chant par dessus avec une ferveur de Gospel, décidément la technique de la loop, c’est à dire l’enregistrement multi couches instantané donne de nouvelles formes musicales.

Le son de nos jours est réduit à l’essentiel.

La culture du DJ fait qu’à partir de quelques accords se crée une nouvelle norme musicale, faite de petites cellules se succédant, se superposant, bouclées, réverbérées, avec des changements de texture qui créent une dynamique émotionnelle : Bref, les machines deviennent vivantes et répondront bientôt oui à la question : Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

"Gold"

Le lâcher prise, l’abandon de l’interprète aux forces que sa conscience réprime est désormais accessible sans l’usage des drogues qui n’avaient pour utilité que la fonction de désinhibition.

Désormais par une sorte d’ascèse, de pratique esthétique basée sur l’épure, de répétitivité, d’auto-envoûtement, la mission des premiers textes sacrés peut s’accomplir: mettre du spirituel dans le matériel et du matériel dans le spirituel. Le musicien humanise les machines, en même temps que les machines augmentent l’homme. En attendant écoutons battre le cœur de notre cyber héro Chet Faker :

"1998"

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