Bonjour André, ce matin vous nous faites écouter le blues du désert par ceux-là même qui ont crée le genre, le groupe Touareg les Tinariwen ...Extrait de "Toumast Tincha"

En Tamashek, la langue des Touareg, Tinariwen signifie les déserts.Les fiers hommes bleus, après s’être battus pour la décolonisation, furent oubliés de tous les traités. Exilés sur leur propre terre, ils sont en sécession permanente avec les 5 états subsahariens où ils vivent.Dans les années 70, une terrible sécheresse décima leurs troupeaux et les jeunes garçons prirent "la route du Bidon", plus de 500 km à travers le désert pour rejoindre des villes de Lybie avec un simple bidon d’eau. Les survivants le gardèrent comme un trophée, rajoutant un manche en firent une guitare. C’est ainsi que naquit le blues du désert. Extrait de "Chaghaybou", extrait de leur nouvel album "Emmaar "

Tinariwen
Tinariwen © Mohamed Seddar /

Le blues des touaregs est le blues des origines : un seul accord, la basse suit le chant, lancinant, 5 notes qui tournent en boucle formant un cercle mélodique, dans lequel chacun peut entrer quand il veut.

Les percussions de terre et de peau, scandent une rythmique ternaire régulière sur laquelle les claps de mains, comme la clave afro cubaine, marquent les accents.

Si le blues du désert est très proche de celui du Mississipi qui alliait le lamento des indiens à la plainte des esclaves, la rythmique est beaucoup plus riche, composée de strates superposées, comme des roues dentées de différentes tailles tournant à des vitesses variées sur un même axe, ajoutant à la tournerie mélodique une tournerie rythmique, tout ça n’ayant comme seul et unique but que de vous faire tourner la tête…

Extrait d'"Imdiwanin ahi tifhamam"

Tinariwen
Tinariwen © Mohamed Seddar /

A la suite de la dernière guerre du Mali, leur désert leur est à nouveau interdit, alors, ils en choisissent un autre, celui de Californie pour enregistrer leur sixième album avec Joshua Tree, l’ingénieur du son de Jack White, Josh Klinghoffer, le guitariste des Red Hot Chili Peppers, ou encore Fats Kaplin, joueur de fiddle, violon irlandais, de Nashville.

L’assouf, le blues des touareg porte dans le monde la complainte des "outlandish", des déterritorialisés...

Quand j’étais môme et que je faisais le tour du Mont-Blanc avec mon père, il me montrait les hautes vallées suspendues, et me disait : "tu vois, tu n’as pas besoin de maison, tout ça, c’est à toi".Les Tinariwen chantent pour les hommes libres qui n’ont pas de maison.

Extrait de "Emajer"

Les liens

Le site de Tinariwen En Anglais. Le site du groupe Touareg qui a remporté à Los Angeles le Grammy du meilleur album de worldmusic de l'année pour son dernier disque "Tassili"

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