Le troubadour français Bensé livre son deuxième album : « Le Printemps ».

La tempête

La langue de Molière sonne bien dans la bouche de Bensé, néo troubadour dont la poésie se situe entre le haïku (petit poème japonais de quelques mots) et l’ode épique.

Diction d’un Mouloudji, il sait les tempos vifs en gardant la poésie.

La grammaire de la chanson est complexe, quand il faut conjuguer up tempo et douceur. Forcément, l’expression du sentiment est beaucoup plus facile sur des langueurs métronomiques, mais à longueur d’album, ça peut lasser, alors grâce lui soit rendue de varier les pulsations de nos membranes tympaniques tout en gardant le minimum poétique vital pour faire aussi vibrer nos neurones et nos épidermes.

Au paradis

Ordalie, épreuve physique imposée au Moyen Age, à l’issue de laquelle Dieu rendait son jugement.

Oui c’est bien un jeune homme du XXIème siècle qui emploie des mots pareils.

La voix bien timbrée de Bensé, sa douce virilité donne à penser qu’il est un de ces éternels amoureux aux bras grands ouverts que les filles démasquent mais dans les bras duquel elles se jettent néanmoins, avec d’autant plus de fougue.

Angelo Branduardi de la baie des anges, Benjamin Biolay sans la noirceur, éternel adolescent sorti d’un film de Rohmer, troubadour chantant Paris, ou les problématiques de l’amour chez les jeunes hommes et les jeunes filles modernes.

Quelle année !

Ses références sont Dylan, Cat Stevens, Bruce Springsteen, Neil Young, et Nino Ferrer. S’il partage avec tous les musiciens de l’hexagone ces incontournables anglo-saxons, s’il s’en nourrit et en fait le matériau avec lequel il construit une architecture sonore riche, élégante, il réussit à y inscrire sa langue sans contorsions vocales démesurées, marchant pieds nus aux côtés d’un Babx et autres fils naturels de Souchon, sur les planches de la nouvelle scène française.

Cassandre

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