André Manoukian évoque aujourd’hui le groupe Goldfrapp, qui vient de la scène trip hop de Bristol, et qui sort un album très attendu et très acoustique…

Extrait de « Ulla »

C’est à Bristol, station balnéaire désuète et port industriel très actif dans les années 60 que débarquèrent tous les migrants de l’Empire Britannique, Irlandais, Indiens, Africains, Jamaïcains. C’est à Bristol, que va naître, de toutes ces influences, un son unique dans le monde : le trip-hop.

C’est à Bristol, qu’il y a une vibe qu’on ne peut attraper nulle part ailleurs. C’est à Bristol qu’Alison Goldfrapp a rencontré Tricky, le démiurge premier de Massive Attack. C’est à Bristol qu’Alison Goldfrapp a rencontré Will Gregory après Tricky et qu’ils se rendent compte qu’ils sont complémentaires : il compose et cherche une voix, elle chante et cherche un compositeur. Ils font un groupe et l’appellent Goldfrapp. Parfois, la vie est bien faite ….

Extrait de « Clay »__ Le Bristol sound, c’est la culture de la basse, que dis-je, de l’infra basse des profondeurs moelleuses, de celle qui vous fait vous enfoncer dans la moquette et qui ralentit la bande son effrénée de la planète, celle qui vous fait arpenter le bitume du monde avec des semelles de caoutchouc épaisses comme des steaks de texan…

Le cool jamaïcain rencontre le peace and love..

Mais c’est à Bristol que les DJs pour la première fois convoquent Ennio Morricone sur leurs platines, et osent jouer des samples de violons symphoniques sur des rythmiques Drum and Bass.

Le mariage de ces deux mondes va provoquer une des tensions les plus étonnantes et les plus musicales qui soit, rappelez-vous, sur la voix de Shara Nelson de Massive Attack.

Extrait de « Unfinished sympathy » par Massive Attack

Fort de cette culture, Goldfrapp pratique la rencontre de ces deux mondes mais d’une manière beaucoup plus subtile. Et son travail va l’amener de plus en plus vers l’acoustique en suggérant la transe rythmique et hypnotique des machines qui sont reléguées au magasin des accessoires…

Extrait de « Drew »

Sa voix mezzo au velours blanc sonne comme une Françoise Hardy électrifiée, si ce n’est que la mélancolie de Goldfrapp est épique, et ses orchestrations sont un véritable score, la musique d’un film dont elle construit le scénario et qu’elle interprète comme une comédienne de Rohmer relookée façon Metropolis de Fritz Lang.

Dans une station balnéaire de fin du monde où l’herbe est haute entre les dalles de la piscine, Alison Goldfrapp promène sa beauté diaphane en noir et blanc.

Ses couplets dans les graves et ses envolées aériennes dans les refrains ont forcé l’admiration de Madonna et de Lady Gaga.

Entre Marlène Dietrich et Heidi petite fille des montagnes, Alison Goldfrapp invente un oxymore : la soul blonde.

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