Ce matin, André Manoukian présente le coffret « Louis de Funès – musique de films 1963-1982 » qui paraît chez Universal.

Pouic Pouic

Non ça n’est pas le grand orchestre de Lionel Hampton, mais celui de Jean-Michel Defaye, compositeur de Pouic Pouic, 1er film d’une longue série que Jean Girault tournera avec Louis de Funès dont les fameux gendarmes.

Nous sommes en 1963, après avoir galéré longtemps, à près de cinquante ans, de Funès accède enfin au statut de star et ne quittera plus la première place dans le cœur des français.

De Gaulle n’a pas encore sorti la France de l’Otan, les bases américaines répandent le jazz un peu partout en France et dans les musiques de film.

Louis de Funès n’est pas en reste, en bon pianiste qu’il est, il a un sacré sens de la syncope pour jouer des expressions de son visage avec une telle virtuosité.

1964, le gendarme débarque à Saint-Tropez

Do you do you Saint-Tropez

Raymond Lefèvre, le célèbre compositeur du palmarès de la chanson, se heurte à De Funès qui lui réclame systématiquement et dans chaque épisode la marche sifflée qu’on lui a commandé dans l’esprit du pont de la rivière Kwai…

Marche sifflée

Michel Magne, lui, vient de la musique concrète. Il écrit

Pour Fantomas un swing sombre au trombone, à la façon d’Henry Mancini le compositeur de la panthère rose

Fantomas

... et le thème de l’inspecteur Juve, (De Funès) sera un gimmick flute/ xylophone façon cartoon

Fantomas

En quelques mois, de Funès tourne les 3 films majeurs qui l’installent définitivement : le Gendarme, Fantomas et le Corniaud. Gérard Oury amène enfin l’écrin idéal à la tornade chauve.

C’est le mariage du rire et de l’élégance, où Rossini affronte en duel De Funès dans la fameuse scène de la réparation de la Cadillac

Le Corniaud

Et voilà Oscar, que Louis de Funès a failli ne pas jouer à la lecture de la pièce.

Oscar

La petite cellule mélodique qui se répète avec modulations, le thème joué aux cordes et métallophone, il y a du Gershwin chez Georges Delerue, le plus américain de nos compositeurs français.

C’est Gérard Calvi, le papa d’Yves, que l’on entend dans le petit baigneur

Le petit baigneur

… où l’on retrouve le xylophone et la flute pour illustrer les joyeuses trépidations de De Funès.

Dans Jo, le retour de Raymond Lefèvre …

Jo

… Raymond Lefèvre, dont on peut dire qu’il avait du Quincy Jones en lui. Qui eût cru qu’un jour vous me feriez dire Patrick :

Raymond, Quincy, même combat…

Nous sommes dans l’Espagne du XVIIème siècle, la folie des grandeurs, et voilà que Polnareff propose à Gérard Oury une musique de western panoramique

La folie des grandeurs

… Oury refuse pour l’anachronisme, puis se laisse convaincre par Polnareff, bien lui en a pris. Allez allez, galopez vers cette belle journée qui vous tend les bras…

Un coffret conçu et réalisé par Stéphane Lerouge, un passionné de musiques de films, chez Universal Jazz.

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