Rufus Wainwright
Rufus Wainwright © corbis / Rune Hellestad

Ce matin, une fois n’est pas coutume, c’est un chanteur qui fait transpirerAndré Manoukiande la moustache, et quel chanteur, Rufus Wainwright dont il nous présente le best of :

Extrait de "Poses" 7 milliards de voix sur la planète, le vertige d’un ciel étoilé, et pourtant, il n’y en a qu’une qui sonne comme celle de Rufus Wainwright. Mais qu’est ce qu’elle a sa voix..Elle est grave mais il lui enlève les basses en compressant légèrement son larynx, et l’envoie dans son masque : Il l’équalise, la filtre, la produit comme un ingénieur du son. Il a sans doute découvert ça en s’amusant, comme un garçonnet qui se tirlipotte le scoubidou ou une petite fille qui s’explore. Car c’est bien de ça qu’il s’agit : le larynx est un organe sexuel secondaire. Tous ceux qui savent s’en servir, qui savent donner de la voix prennent du plaisir, ce n’est pas à vous que je vais apprendre ça Patrick, ni à vous Dominique, même si vous ne jouez pas dans les mêmes fréquences.

Extrait de "Vibrate"

Mais revenons à Rufus, il pratique la technique du joueur de Hautbois. Un bec très fin dans lequel il faut envoyer beaucoup d’air compressé qui s’écoule très lentement et permet de faire des phrasés interminables. Si bien qu’on peut reprendre sa respiration par le nez tout en continuant d’expulser l’air par la bouche, c’est la technique du souffle continu qui permet de ne jamais arrêter la note, chose nécessaire lorsqu’on se trouve en face d’un serpent ou d’une salle de première.Mais si Rufus Wainwright a la technique du Hautbois, sa manière de caresser ses cordes vocales le fait sonner comme un violoncelle..

Extrait de "Dinner at eight" Rufus a trouvé son son, celui du charmeur de serpent. Dès les premiers sons, on est sidéré comme un cobra dans son panier. Jamais entendue chose pareille avant !De la même manière que le langage précède la pensée, la voix de Rufus façonne sa musique. Quand il s’assied au piano, il compose des mélodies interminables, à tiroir, qui s’imbriquent les unes dans les autres, des fausses perspectives qui s’emboitent, des objets impossibles comme l’escalier sans fin de Penrose, qui revient à son point de départ et que l’on monte ou que l’on descend à l’infini, pénitence de moine ou extase de pêcheur, il ne tient qu’à nous de choisir…Extrait d'"Hallelujah"

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