Pour cette journée internationale de la francophonie, André Manoukian a choisi de nous parler de Dick Annegarn à travers deux standards incontournables et deux extraits de son prochain album qui sortira le 7 avril… Il y a quelque chose d’idiot, chez Dick Annegarn, au sens étymologique du terme, l'idiot désignant une personne particulière, différente des autres, de même qu’un idiome désigne la forme particulière d’une langue.Ce qu’il y a de particulier chez Dick Annegarn, c’est sa singularité : Ce Hollandais chante dans une langue qui n’est pas la sienne. En soi, c’est un acte d’amour total. On ne choisit pas sa famille, lui si. Choisir sa tribu c’est se libérer des valises des siens, c’est le premier acte libre qu’un jeune homme ou une jeune fille puisse pratiquer, tant les actes libres sont réduits à une portion congrue de nos décisions, puisque même se lever le matin est un acte imposé par notre vessie…

Ce hollandais volant et espiègle roule les mots dans sa bouche comme des cailloux qu’il sème avec des mélodies simples et complexes à la fois, simples comme des comptines, complexes parce que ces petites cellules musicales évoluent et s’enchainent et modulent avec la science d’un jazzman ce qui fait de lui le chanteur folk le plus érudit qui soit, ou le plus torturé, ça dépend de quel côté du manche de la guitare on se place. Pour autant, il rend évident le compliqué en reliant ces accords entortillés avec des mélodies imparables qui viennent du cœur.

Dick choisit d’être libre, il mène sa carrière comme il l’entend, choisit une langue qui n’est pas la sienne dans laquelle il va pouvoir inscrire toute sa poésie. En jouant avec son drôle d’accent, il va retrouver des sons d’enfant. Oh les chanteurs joyeux sont une espèce rare. Pourquoi un musicien qui s’assied derrière son instrument commence-t-il par jouer des accords mineurs. La plainte serait-elle consubstantielle à l’état de musicien ?Pourquoi ne pas jouer spontanément un arpège joyeux ?Justement le charme de Dick, c’est que même quand il chante sa dérive entre Bruxelles et Paris, sa tristesse a quelque chose de jovial..

Les morceaux du jour : "Oracle", "Karlsbad", "sacré géranium" et "Bruxelles"

► ► ► ÉCOUTER | + de titres de Dick Annegarn

Les liens

Le site de Dick Annegarn

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.