Aujourd’hui André nous parle d’un groupe étrange et envoûtant, qui vient de Brooklyn, San Fermin…

@ Renaissance !

San Fermin
San Fermin © Radio France

L’heure est à l’épique. Ainsi va le flux musical. Les chanteurs pop reviennent à des valeurs orchestrales. On ne confie plus ses petits malheurs à sa guitare, on va fouiller ses vénéneux tourments sur des tapis de cors, on se lamente sur des beautés symphoniques. C’est la fin du minimalisme, qui fut nécessaire à la fin des années 80, il faut bien le reconnaître, devant l’overdose de technologie qui empilait jusqu’à l’écœurement des dizaines de pistes, c'était le syndrome des surproductions à la Mickael Jackson, sauf que n’est pas Mickael Jackson qui veut… Le retour au tout-acoustique fut vécu comme l’expression d’une radicale beauté, on retrouvait enfin de l’air. Soudain, une simple guitare accompagnant une voix devenait d’une audacieuse modernité.Et voilà que nous arrive autre chose encore. Une dramaturgie cinématographique inspirée par un réalisateur lyonnais flamboyant, Woodkid. Surprise totale, en 2012 on pouvait encore inventer de nouveaux sons. Comme un assembleur fait un vin avec des cépages différents, celui ci faisait un son neuf avec de l’antique et lançait un style, la pop épique. Dont San Fermin est le disciple…

@ Daedalus (what we lost)L’histoire de la musique occidentale est celle de la lente prise de pouvoir du compositeur sur le musicien. Dans l’antiquité, tous les musiciens sont libres et égaux et improvisent. Les Pygmées, les Caucasiens, les baroques allemands du XVIIème siècle n’ont pas attendu le Village Vanguard de Greenwich village pour partir en sucette sur des impros collectives. Mais au 19ème siècle, fin de la fête, les musiciens deviennent les exécutants du compositeur qui devient la star, puis carrément Dieu quand l’ordinateur arrive, puisqu’il a tous les instruments samplés sous ses doigts. Heureusement il est un instrument qu’il est encore difficile d’imiter, sinon, comment on transpirerait de la moustache : la voix.San Fermin, c’est le projet d’un pianiste compositeur de Brooklyn, Ellis Ludwig-Leone qui a engagé les 2 chanteuses du groupe Lucius et un baryton à la voix profonde qui vous remue les strates les plus enfouies de notre être: Allen Tate.@ Torero

C’est un disque envoutant : 20 titres, avec des interludes instrumentaux, qui exige une immersion totale pour que le charme opère. Et si c’était là le destin de San Fermin, relier les tribus, abolir la malédiction de Babel, faire des passerelles de la pop vers le chant arthurien, remonter le fil, les fameux liens de la toile : celui qui écoute ça a aussi acheté ça…et si on disait maintenant, celui qui aime San Fermin aimera Purcell ou Pergolèse..Allez, on va vers un futur meilleur, c’est la musique qui nous le dit, en tout cas, San Fermin est le plus chouette de ses prophètes..@ Sonsick

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