Voici ‘’69, année mélodique, une compil qui présente ‘’une certaine idée de la variété française’’ de 1964 à 1973..

"Canon"

Michel Colombier, disons le tout net, était notre Quincy Jones national, né en 39 à Lyon, mort à Santa Monica en 2004.

Son père lui enseigna le piano, le contrepoint, l’écriture. A 14 ans il jouait et arrangeait pour des formations de jazz, à 22 ans c’est avec Michel Magne, immense compositeur de musiques de film qu’il perfectionna son écriture. Il entra comme directeur artistique chez Barclay, qui était déjà la meilleure maison de disques, monsieur Eddy avec son oreille de jazzman n’ayant pas son pareil pour distinguer les vrais talents des imposteurs.

Il co-écrit Messe pour un temps présent avec Pierre Henry, Elisa avec Gainsbourg, arrange pour Aznavour, et c’est Petula Clark qui l’emmène aux Etats Unis où il compose des musiques de ballets pour Barishnikov, des musiques de film , des arrangements pour Prince, dont Purple Rain , Madonna ou Herbie Hancok.

Le French Funky man comme on l’appelait là-bas, n’avait pas son pareil pour allier des rythmiques de basse chantantes aujourd’hui furieusement tendances sur lesquelles ses lignes orchestrales explosaient comme des feux d’artifice.

"L’amour à plusieurs"

Nous sommes juste après mai 68 et les expérimentations battent leur plein. A ma connaissance, c’est la première mise en chanson de la chose, en tout cas, le prétexte à un autre arrangeur de génie, Jean Claude Vannier, maitre d’oeuvre de Gainsbourg, à qui l’on doit notamment Mélody Nelson, pour écrire des violons orientalisants à la langueur entêtante…

Ce bijou vintage est signé Frédéric Botton, un des plus délicieux compositeurs de musique légère, à qui l’on doit quelques pépites vintage, des pingouins de Gréco à la grande Zoa de Régine, en passant par Scopitone de Dani. Ce compositeur et parolier, écrivit cette perle socio-érotique où l’on sent déjà poindre, au fil des couplets, la déconvenue des lendemains qui déchantent : l’amour a plusieurs est-ce bon pour le cœur ? Finalement, ça n’est pas si évident que ça..

"Je me repose"

Décidément c’était ce que notre reine italo-égyptienne chantait le mieux, l’abandon. Le mot drama queen, semble avoir été inventé pour elle. Le velours de sa voix, la langueur de l’Orient,

le lyrisme de western spaghetti, les tremoli des violons scandés par un glockenspiel martial, nous rappellent au fond que l’amour n’est qu’ un duel à l’issue duquel il n’y a qu’un seul survivant, celui qui se barre en courant.

Allez on finit avec un karaoké de luxe, puisque les auteurs de cette compil ont eu l’espièglerie de mettre les playbacks d’origine de ces chansons qui font tellement partie de nous qu’à la première écoute, la mélodie jaillit en notre sein :

"Je suis venu te dire que je m’en vais"

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