André Manoukian nous parle d’un groupe de country folk français, La Maison Tellier et de leur quatrième album : « Beauté pour tous ».

Extrait de « La Maison de nos pères »

Depuis Jim Morrison, les référents littéraires sont rares dans le rock.

Voilà que nous arrivent de Normandie cinq musiciens, qui vont nous conter leur propre légende, la légende des frères Tellier : Raoul et Helmut à la guitare, Léopold à la trompette, Alphonse à la basse et Alexandre à la batterie.

Cette fratrie n’a pas cherché loin son nom de groupe… Son propre patronyme se trouve être le titre du premier recueil de nouvelles de Guy de Maupassant : « La Maison Tellier ».

Ce nom programmatique affirme clairement au passage l’esthétique du groupe : du roots, du fondamental, du générique.

Enracinée dans son nom, la Maison Tellier nous plonge dans la folk rêvée d’une France des origines, sans passer, par la case exotique des cajuns.

Extrait de « Sur un volcan »

Il faut noter ce besoin du retour à la case départ par ces temps troublés.

La musique est un fleuve qui avance et déroule son flot.

Mais parfois, quand il va trop vite, le fleuve, ou quand il charrie toujours les mêmes rengaines, on aime revenir au torrent des origines, histoire de faire le point.

Savoir d’où l’on vient pour mieux décider où l’on va.

Le chemin des cajuns, pris par beaucoup de chanteurs néo-folk, pour le plaisir du son et l’accent qui fait vibrer les résonateurs du visage, est délibérément abandonné par la Maison Tellier.

Il y aurait plutôt du Noir Désir dans la scansion, du lyrisme citoyen dans les textes, de la barricade dans le vibrato, avec une légère morgue à la Bashung, dont ils ont ouvert l’Olympia en 2008.

L’heure est à l’épique. Les orchestrations aussi. La Maison Tellier pratique le romantisme des causes perdues. « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux », disait Alfred de Musset. Quand le combat est perdu d’avance, autant lui donner une dimension lyrique. Tant qu’à aller au casse-pipe, autant y aller avec panache.

Extrait de« La fortune, l’honneur, les femmes »

Les Normands souvent se sont exilés, en Amérique ou ailleurs. Ceux là ont choisi de rester. Transformant le bocage normand en far west où il est question d’humanité, de terroir. Où l’on entend sur un banjo des inflexions d’Orient qui rappellent que de tout temps, des hommes à la peau tannée par le soleil d’Afrique venaient déjà se baisser pour travailler dans les campagnes de France. Qui sont ces Dalton épiques sortis d’une campagne d’avant 1914 ? Ils semblent avoir été épargnés par la boucherie de la Grande Guerre… où sont-ce leurs fantômes qui viennent nous hanter ?

Extrait de « L’exposition universelle »

La maison Tellier
La maison Tellier © Radio France
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