Pour finir en beauté l’année, le « patron », Jean-Sébastien Bach, autour duquel l’association « Red Hot » pour la prévention contre le Sida associée au label Sony, a produit une compilation inspirée de ses œuvres : « Red Hot and Bach ».

Red Hot and Bach
Red Hot and Bach © Radio France

S’il est quelqu’un qui doit beaucoup à Jean Sébastien Bach, c’est Dieu. Le mot est de Cioran mais il n’est pas si loin de la réalité.En effet, si l’Europe se couvre de cathédrales gothiques du Moyen Age jusqu’au 16ème siècle, il faut attendre le 17ème pour que le génie architectural de Jean Sébastien permette la plus audacieuse des cathédrales sonores qui va donner la règle et établir le fondement de toute la musique occidentale, ce jusqu’à nos jours. Une architecture aux arches audacieuses qui contient tout.

Bach est rock, baroque plutôt. Le baroque, selon Leibniz, est la culture du pli. Les circonvolutions des colonnes, les plis des étoffes, les sculptures aux motifs enlacés, les courbes qui se plient et se déplient, les stucs chargés de nœuds et de frisottis, que l’on suit du regard, et qui nous mènent, tel le petit Jack grimpant sur le haricot magique, jusqu’au 7ème ciel. Bach plie toute la musique. Il la concentre, la noue, ses lignes mélodiques se divisent dans des mouvements symétriques, jusqu’à l’infini, jusqu’à créer un entrelac de mélodies, les fugues à deux, trois, quatre voix, un vrai réseau, un rhizome dirait Deleuze. Ceux qui l’ont suivi n’ont fait que le déplier, Mozart déplie Bach, Beethov déplie Mozart, Chopin déplie Beethov jusqu’à Charlie Parker qui déplie tout le monde et qui dit, après moi, c’est plié..Bach est jazz. Il organise l’improvisation. On notait la musique pour se rappeler ce qu’on jouait parce qu’il n’y avait pas de magnétophones à l’époque, mais les musiciens baroques, se jetaient des noms de cadences portant en elles une grille et une rythmique, et comme les jazzmen d’aujourd’hui, improvisaient pendant des heures.Un jour que Bach arrive chez le roi de Prusse Frédéric II épuisé par le long voyage, Frédéric II, sans lui laisser le temps de se reposer, lui joue un thème de sa composition à la flûte. Bach s’assied et se met à improviser une fugue à trois voix qu’il remettra au roi sous le nom d’offrande musicale.Voilà, allez, c’était ma petite offrande à moi, en attendant d’autres aventures…

Les extraits du jour : "Minuet", "Jardim do amor" et "LudePre"

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