Moon
Moon © radio-france

Répondant à Ozzy Osbourne, chanteur des Black Sabbath, qui déclarait récemment : « le rock sera mort quand nous ne serons plus là» , un jeune lecteur de Rock&Folk se plaignait de l’hégémonie des papys sur les couves des magazines, des Rolling Stones à Bowie, en passant par Nick Cave…

Ainsi le Rock serait 50 ans seulement après sa naissance, une société archaïque où les jeunes gorilles devraient tuer les vieux pour prendre enfin le pouvoir …

Willy Moon semble avoir choisi un autre chemin : ce jeune néo-zélandais de 24 ans, plutôt que de tuer les vieux Rockers, les dépouille.

De tout : de leurs riffs, de leurs sons, et de leurs fringues.

Après avoir fait un inventaire quasi scientifique des nombreuses racines de cette musique, Willy Moon nous promène avec jubilation vers les rives boueuses du Mississipi, quand le rock empruntait au Blues des Chain Gang, ou vers les plages californiennes des surfers des sixties, ou dans les Doo Wap chromés façon American Graffiti, auxquels il rajoute de puissants beats hip hop.

Son look, il va le chercher aux racines, comme un Dean Martin en sécession du rat pack, laissant les lunettes de Buddy Holly à Elvis Costello.

Sa jeune compagne lui lèche des clips dont l’esthétique navigue entre Otto Preminger et Fritz Lang. Du référent noir et blanc pour une musique haute en couleurs où l’habillage sophistiqué n’altère jamais la mitraille de cuivres semblant sortir du bayou de la Nouvelle Orléans.

Dans son premier clip, il danse le boogaloo d’un lapin survitaminé pris dans la poursuite d’un projo de Dca. Budget : 150 dollars. Résultat : Plus d’un million de vues sur Youtube. Voilà qui lui permet une signature chez Island. Sa culture musicale va de Jimi Hendrix à Thelonious Monk, mais c’est à Berlin que cet érudit construit son monde, comme si le rock se pensait mieux depuis l’exil.

Les deux reprises tranquilles, « I put a spell on you » et « Bang bang » demandent protection et reconnaissance au mana des anciens. Pour nous, c’est fait, nous lui accordons la nôtre de reconnaissance, éternelle, comme le Rock n’roll tant qu’il y aura des Willy Moon pour le secouer… Come on, shake it baby !!

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