Et si on commençait la journée par une résolution tranquille : l’éloge de la lenteur. Dans notre monde anxiogène où la FAO (finance assistée par ordinateur) terrorise la planète à la vitesse de la lumière, si la résistance passait par l’écoute de Rodrigo Amarante ?Ce jeune chanteur est né à Rio de Janeiro, où pas un jour ne se passe sans que l’on célèbre une fête, en jetant des offrandes à la mer, en dansant pour la floraison, pour un saint, un Orishas, un esprit de la nature. Ce jeune chaman brésilien pourrait revendiquer le statut de leader de la branche musicale du slow movement, ce mouvement radical pour une planète plus lente.Alors redégustons un peu de lenteur en nous étirant tranquillement et en prenant soin de bien bailler pour oxygéner notre cerveau et ouvrons comme une fleur de lotus notre conscience au monde merveilleux qui nous entoure.

La musique brésilienne porte en elle la langueur idéale chère à Baudelaire. Comme la Capuera, ce combat aux gestes lents déguisé en danse par les esclaves interdits d’entrainement, elle porte en elle un concentré de vitalité, et son charme tient de la rétention d’une violence cachée.Le rythme de la bossa nova est né du ralentissement de la samba, et l’on sent à tout instant que cette samba cachée peut nous péter à la figure.Et puis cette manière de chanter Laid Back, pardon Erik Orsenna vous qui êtes le vigilant défenseur de la langue française : on devrait dire, cette manière de chanter ‘’couché derrière’’, derrière le temps, avec un léger retard. Oui, le chanteur s’étend nonchalamment sur la musique, comme s’il avait décidé d’étirer un tempo, qui lui pourtant, ne bouge pas. Et si Rodrigo Amarante participait à une expérience quantique d’abolition du temps …

L’amour entre la France et le Brésil tient-il à Henri Salvador, dont la légende veut qu’il ait inventé la bossa nova ?A Francis Lai et Pierre Barouh, qui avec chabadabada ouabadabada, dans un homme et une femme de Lelouch contribuèrent à répandre la musique brésilienne dans le monde ?Au fait que c’est à un Français, Paul Lafargue que l’on doit le premier éloge de la paresse ?Ou encore au fait que le Brésil est le pays du métissage réussi, ce futur obligé de l’humanité, n’en déplaise aux chafoins dont le barouf est inutile, et que ce principe était un des piliers de l’universalisme à la française, il n’y a pas si longtemps encore…Ecoutons Rodrigo Amarante dans la langue de Molière.

Les extraits du jour : "Nada em vao", "Fall asleep", "Mana" et "Mon nom"

► ► ► VOIR | Le clip de "Mana"► ► ► ECOUTER | L'album Cavalo► ► ► (RE)TROUVER | Rodrigo Amarante sur Facebook

Les liens

Le site de Rodrigo Amarante

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.