Tord Gustavsen
Tord Gustavsen © ROBERT GHEMENT/epa/Corbis
Ce que le jazz européen, né dans les années 70 autour du label allemand ECM, amène à son grand frère américain, c’est le calme.. Les accords abandonnent leurs tensions pour revenir à l’état fondamental, 3 notes seulement quand tous les étudiants pianistes de la Berklee school veulent poser chacun de leurs 10 doigts sur une note différente.Le tempo est étiré, les enchainements sortent des cadences des standards pour revenir à des suites médiévales de quintes et de quartes, jouant l’austérité protestante contre les débordements passionnels du hard bop.Les pochettes sont des photos de paysages, sans hommes, brumeux ou aquatiques, des aquarelles abstraites où la lumière prime sur la forme, où "climat" est le maitre mot. Une photo du temps, un son atmosphérique, la volonté de capter le spirituel et de le fixer dans des sons monochromes qui invitent à la méditation... Le batteur fait le minimum, marquant une pulse binaire sur un tapis de balais frottés sur la peau de sa caisse claire. Tord Gustavsen cisèle avec douceur et volupté des mélodies dépouillées qui sonnent comme des comptines. Puis il égrène des accords bibliques et solennels, un sur chaque mesure, pas plus, sur lesquels son contrebassiste improvise.De l’épure vient le style. Abandonnés, les effets, les fioritures, c’est un véritable yoga du piano qui s’élabore sous nos oreilles ravies. La sérénité s’est emparée de cette musique de fête née dans les bordels de la nouvelle Orléans. Il semble que le jazz européen ait choisi Apollon contre Dionysos. Par la grâce du jazz, le musicien occidental a retrouvé la liberté de s’exprimer avec son instrument, de l’interroger, d’en faire à nouveau le véhicule d’une langue vivante plutôt qu’une machine à déchiffrer des partitions.Chacun s’est remis à raconter des histoires. Tord Gustavsen nous raconte délicatement la sienne…Sa musique provoque des qualités si subtiles de sentiments qu’il faudrait d’autres notes pour les exprimer. Allez Dominique (Seux), on se remet au piano, c’est plus direct non ? Ça donnerait quoi un débrief économique en musique ? **Les extraits du jour :** "The embrace", "The gift", "Staying there" et "Right there" ## Les liens [Le site de Tord Gustavsen](http://www.tordg.no/trio/)
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