André Manoukian présente ce matin L'Aventura ,__ le dernier album du gourou électro-cosmique Sébastien Tellier. Un album qui sent bon le Brésil…

Les quatre forces qui ont permis l’émergence de la vie dans le cosmos sont la force de gravitation, la force électro-magnétique, la force nucléaire forte et la force nucléaire faible. En simulant des changements infimes dans une de ces quatre composantes, les savants tombent sur le même résultat : la vie n’apparaît pas.

Et bien c’est la même chose avec Sébastien Tellier :

S’il avait joué un peu mieux du piano, ça l’aurait rendu juste capable de jouer dans le hall de l’hôtel Meurice ‘’Girl from Ipanema’’ à l’heure des coktails. S’il avait chanté un peu mieux, le maitre du sprech gesang serait resté Gainsbourg et le charmeur indéboulonnable Michel Delpech. S’il avait été un peu plus cynique, David Guetta ne lui aurait laissé que quelques compils lounge.

S’il avait manié l’orchestration un peu mieux, ça aurait fait de lui un compositeur de musiques de scores pour film érotiques, ce qu’il l’aurait amusé pendant un moment mais il aurait vite préféré retourner dans le hall de son hôtel pour y jouer ‘’One Note Samba’’.

La nature ayant bien fait les choses, le dosage fut parfait pour que Sébastien Tellier, selon l’adage nietzschéen, devienne ce qu’il est : une étoile psycho-cosmique d’où jaillissent un monde naïf et les feux d’artifice de notre enfance.

Il construit des mondes différents pour chacun de ses albums. Dans le précédent il était un gourou bleu pour célébrer ‘’My God is blue’’. Dans celui-ci il se construit une enfance idéale, loin de celle qu’il connut dans les lotissements de Cergy Pontoise.

En 2008, il découvre le Brésil, qu’il choisit comme décor fantasmé de son enfance.

A la manière d’un Corto Maltese, le héros de bd d’Hugo Pratt qui avait retaillé dans sa main sa ligne de vie au couteau, Sébastien Tellier s’invente une enfance en chantant, peut-être parce que nouveau père depuis peu, c’est un monde idéal qu’il veut montrer à son enfant.

Sébastien Tellier doit beaucoup à Air. Les deux Versaillais introvertis ont sans doute vu en lui le bon copain loufoque qui ose tout ce qu’ils ne feront jamais.

Ces images qu’il fabrique, cette iconographie de bd, son look babayatollah électro-borat, son côté Rael qui aurait réussi dans la chanson, sa naïveté musicale premier degré mêlé à son culot de hipster infiltré dans l’eurovision en 2009, décidément seule la French Touch pouvait produire ce gai héros Houellebecquien, on n’est pas à un oxymore près pour tenter de définir notre Sébastien Tellier national…

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