Gérard Manset - Un oiseau s'est posé
Gérard Manset - Un oiseau s'est posé © Warner
**Par Didier Varrod.** **Ce matin, vous partez à la redécouverte d’un répertoire foisonnant et sans concession. Celui de Gérard Manset, auteur-compositeur-interprète, qui publie cette semaine un nouvel album « un oiseau s’est posé », relecture minutieuse de ses anciennes chansons.** **Extrait de « Animal on est mal »** C’est une chanson réanimée ici par le groupe Belge DEUS, mais c’est bien plus que cela. Un manifeste de résistance dans une époque où la société française corsetée dans le gaullisme finissant cherchait de nouveaux repères. 1968, c’était de fait, toute la jeunesse animale qui était mal. Manset prophétique joue alors de la métaphore : Animal, on est mal/On a le dos couvert d'écailles/On sent la paille/Dans la faille/Et quand on ouvre la porte/Une armée de cloportes/Vous repousse en criant/Ici, pas de serpent/ C’était aussi un cri superbement maitrisé mais écrit en une quinzaine de minutes. Manset posait les fondations de son intransigeance artistique. Une éthique basée sur l’indépendance de ses choix et surtout la définition perpétuelle du format chanson. Un seul tube populaire en 1975, et quel tube que Manset évapore ici en l’adaptant en langue anglaise comme pour mieux le déstandardiser. **Extrait de « No man’s land Motel »** Des chansons immenses, Manset en a commis un paquet, souvent d’ailleurs peu dissociables d’un album en particulier. C’est ce que l’on a coutume d’appeler une œuvre. Une œuvre qui méritait plus qu’une réédition, une résurrection, ou plutôt une réincarnation qui puisse faire obstacle à la dématérialisation. Manset, le reclus triomphant de la chanson hexagonale reste aussi, malgré le temps qui passe un utopiste. **Extrait de « Entrez dans le rêve »** Souvent aussi une œuvre vous impose le silence. Se taire. Puissions nous imaginer qu’en 2014 une génération entière puisse découvrir aussi l’une des plus grandes chansons jamais écrites, restée un phare pour les initiés. Revue et corrigée « lumières » puisqu’il s’agit de cette chanson est plus que jamais l’illustration d’une phase prodromique d’une société malade de la déliquescence de ses repères. **Extrait de « Lumières »** En 2014, plus que jamais, il faut écouter le monde inquiet de Manset. Il est la langue de chez nous.
Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.