Par Didier Varrod.

Ce matin, Didier Varrod présente en avant-première le tout nouvel album de Cyril Mokaiesh qui sortira la semaine prochaine, le 5 mai. Un opus qu’il a intitulé « L’amour qui s’invente ».

Du poing levé qu’il brandissait pour regretter l’utopie communiste, du rouge et des passions aux élans du cœur, Mokaiesh toujours aussi incandescent a brûlé ses vaisseaux, largué les amarres pour traquer l’imprudence. Celle qui trouble le quotidien et vous intime de changer.

Extrait de « Change »

Mokaiesh s’engage dans le sentiment amoureux avec la même déraison que dans la politique. C’est l’histoire d’un homme qui a tout pour être amoureux : bel animal toujours aussi souple, visage plus ombrageux, style exalté dans ses profondeurs dangereuses comme disait Cocteau, et pourtant il y eut un moment de dépressurisation émotionnelle et existentielle après un succès qui n’est pas venu comme il aurait dû. Plus de sève, moins d’envie. Alors Mokaiesh s’évade et risque une plongée charnelle sous les jupes de Buenos Aires. Objectif : provoquer un dérèglement des sens.

Extrait de « Buenos Aires »

L’amour qui s’invente selon Mokaeish, c’est provoquer en effet miroir l’écrivain Argentin Borges qui écrivait « être amoureux c’est se créer une religion dont le Dieu est faillible ». Etre amoureux c’est aussi étrangement revendiquer en 2014 la demande en mariage. Parce que les temps ont changé depuis Brassens et qu’à l’heure des polémiques sur le mariage pour tous, il était bon d’écrire : « Il parait que Dieu et toute son escorte supporte tous les élans du cœur ». Ainsi soit-il.

Extrait de « La demande »

L’amour en sautoir, Mokaeish n’oublie pas cependant son époque, celle dont il disait dans l’album précédent qu’elle a je cite « le style freedom business, power équitable entre tyrans, qu’elle fidélise de remise en remise ». Cette fois-ci, l’ange noir a posé sa démission du terrain de la rage, mais il adresse quand même à la jeunesse, une supplique bouleversante, lui léguant en héritage sa peine mais aussi ses espoirs.

Extrait de « Ô jeunesse »

L’album s’achève par un clin d’œil aux racines libanaises du chanteur. Le cèdre du Liban, cet arbre résistant, toujours admiré pour sa beauté, sa puissance, défiant les manteaux de neige l’hiver, et les sécheresses estivales les plus tenaces. Témoin aussi de l’histoire des hommes. La même sève coule dans les veines de Mokaiesh.

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