André Manoukian nous propose un duo, le technoïde Boris Blank et la chanteuse Malia dans un album de feu et de glace, Convergence .

Boris Blank et Malia
Boris Blank et Malia © Universal
Et si toute la science de Boris Blank, commandant en chef du groupe Suisse _Yellow_ , qui dans les années 80, fut à l’avant garde de ce qu’on n’appelait pas encore électro, si tout son savoir électronique, si toutes ces années à compiler des sons, à les bidouiller, les réverbérer, si toutes ses confrontations numériques entre la jungle de Cab Calloway et la distortion électrique de sinusoïdes furieuses, si toute cette Spy Musique, musique d’espions, qui donna les Portishead ou les Propellerhead, si toutes ces expériences soniques n’avaient servi à la fin qu’à une seule chose, que Boris Blank rencontre enfin Malia et qu’elle le libère de sa trajectoire orbitale qui le condamnait, tel le surfer d’argent, à tourner autour d’une planète stérile, pour enfin le propulser vers le cosmos étoilé ? Malia est née au Malawi, tout petit pays d’Afrique qui fut soumis à un apartheid aussi violent que celui que subissait l’Afrique du sud. Son père anglais y épousa sa mère africaine. Chassée à l’indépendance, la famille se retrouve à Londres, où la jeune Malia à l’âge de 13 ans découvre Ella Fitzgerald et Billie Hollyday. Serveuse dans un club de jazz, elle demande un jour au patron la permission de prendre le micro. Il se marre, mais quand il l’entend chanter, l’intime de lui rendre immédiatement son tablier. C’est sur scène qu’est ta place lui dit-il, furieux qu’elle lui ait caché cette voix qu’elle ne se connaissait pas elle même …Une voix grave cassée qui laisse ses harmoniques s’échapper jusqu’aux extrêmes aigues que peut capter l’oreille humaine.Une voix qui couvre tout le spectre des fréquences émotionnelles qu’un homme peut rencontrer dans sa vie. Dans le groupe Yello, Boris Blank avec son complice chanteur Dieter Meyer, faisait de la musique de polars, de la musique orchestrale sans musiciens à une époque où c’était un exploit, en précurseur du mouvement électro soul qui allait régner sur le swinging London des années 90. Et si le mariage des machines et de la soul était la métaphore de l’humanité augmentée ? Il paraît que l’homme qui va vivre 1000 ans est né..Vous voulez que je vous explique la fin de l’Odyssée de l’espace de Kubrick, Dominique ? C’est mon plan drague préféré : Seul le robot savait que le monolithe sur Jupiter était un générateur d’esprit, et il voulait que l’incarnation lui profite plutôt qu’à l’homme, voila pourquoi il avait éliminé tous les astronautes.Et si Boris Blank était le robot qui rencontrait enfin l’esprit, incarné dans la voix somptueuse de Malia ?
**Les extraits du jour :** Celestial Echo", "Turner's ship", "Fever" et "I feel it like you"
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