André Manoukian nous fait découvrir Emily Jane White, une chanteuse à la voix profonde comme il les aime, qui sort un nouvel album au charme sulfureux, « Blood Lines ».

Extrait de “My beloved”

Native de San Francisco, Emily Jane White a fait des études de mythologie à l’université de Santa Cruz.

Bardée de son diplôme de sorcière, elle s’installe à Bordeaux au début du XXIème siècle.

Dans la famille des grandes prêtresses du dark folk d’obédience celtique, dans la famille des Liza Gerard de Dead Can Dance, des Beth Gibbons de Portishead, des Chan Marshall de Cat Power, des Hannah Reid de London Grammar, ou des Agnes Obel, faites place à la petite dernière, Emily Jane White.

Extrait de « Faster than the devil »

Elle semble réunir tous les courants de ses grandes sœurs parce qu’elle va à l’essentiel.

Comme si elle résumait et simplifiait le propos de celles qui la précèdent.

L’épure de son chant a l’efficacité d’une enfant butée dont l’énergie est incommensurable.

Ses lignes mélodiques sont enrichies d’ornementations lentes qui dessinent des sinuosités, des mélismes, celles là même qui réunissaient Orient et Occident, quand le chant grégorien s’enrichissait de la tradition des mozarabes du sud de l’Espagne. Dans la tradition des troubadours, la mélodie était un pense bête pour que l’on retienne les paroles.

En fait chacun était libre, sur cette trame fixée de développer ses propres lignes.

Tout l’art du chanteur consistait alors, par la grâce de ses variations, de conduire jusqu’à l’extase celui qui écoutait.

Extrait de « Wake »

Il y a de l’« emo » chez Emilie.

Emo, pour émotionnel, désigne ce courant post gothique qui serait né des Cures et de son chanteur Robert Smith.

Le romantisme désespéré des ados maquillés de grandes lignes noires d’eye liner qui semblent glisser plutôt que marcher et qui se reconnaissent une similitude de destins avec la figure du Vampire, vivant comme eux, dans les limbes, partagé entre deux états, ni vivant ni mort.

Son album s’appelle « Blood Lines », comme s’il était écrit de lignes de sang.

Le sang de l’encre des serments, qu’on ne peut effacer d’aucun contrat. Des lignes de sang qui dessinent une portée sacrée sur laquelle des corbeaux sont posés, comme des notes qui joueraient les mélodies que la voix d’Emily fait monter jusqu’à l’Ether suprême.

Extrait de « Dandelion Daze »

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