André Manoukian nous présente « Aventine », le deuxième et somptueux album de la chanteuse danoise, Agnès Obel.

Extrait de « Smoke & Mirrors »

Retour vers le futur. Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi ces voix, Agnès Obel, Hannah Reid de London Grammar, pourquoi ces voix arrivent à ce moment particulier de notre histoire ?

La musique est un flot qui avance et qui attrape les musiciens sur son passage. Aujourd’hui elle nous renvoie au passé médiéval de notre Europe.

Après les brumes de Nottingham, voici celles du Danemark.

Peut-être un début d’explication : la modernité a évacué de nos sociétés le sacré. Or la nature humaine a horreur du vide.

Les gens ne vont plus à la messe, mais ils vont au concert, c’est la même chose, le même besoin de se retrouver ensemble et de ressentir une ferveur collective animée par un maître de cérémonie, un MC.

Or les femmes furent toujours exclues du champ religieux.

Et pour exprimer leur spiritualité, elles n’avaient qu’une seule solution : devenir sorcière.

Agnès Obel est la plus grande d’entre elle, elle peut même revendiquer le grade d’enchanteresse suprême. Extrait de « Fuel to fire »

C’est quoi une sorcière ? Quelqu’un qui pratique la magie.

Or il y a deux sortes de magie : la magie blanche et la magie noire.

La magie blanche c’est donner son énergie aux autres, la magie noire, c’est prendre l’énergie des autres.

Dans les sociétés primitives, les sorciers seuls avaient le droit de se servir des instruments de musique. Le sorcier-musicien captait une énergie supérieure, appelons ça l’inspiration, puis la transformait en sons pour la donner aux autres.

Pourquoi tous ces musiciens sont installés à Berlin, plus de 12 000 avons-nous dit la semaine dernière, c’est qu’il en faut de la magie blanche pour nettoyer les saloperies commises par un des êtres les plus maléfiques de l’histoire de l’humanité qui s’immola à quelques blocs du studio d’Agnès Obel.

La voix d’Agnès Obel est une onde d’une rare puissance et d’une rare douceur. Elle est palpable, on la voit se mouvoir dans l’air.

L’air est un fluide subtil qui nous réunit tous et on ne le ressent que lorsque Agnès Obel chante (ou que Jean-Claude Van Damme nous l’explique).

Extrait de « Pass them By »

Je suis désolé, vous allez me prendre pour un fou mais nous avons affaire à des forces pures qui viennent de loin.

Nous sommes dans un champ vibratoire extrêmement chargé. Je vois Dominique qui se secoue les bras pour évacuer les fourmis qui lui picotent ses extrémités, mais non, il n’y a rien à faire.

Même si vous passez dans un sas de décontamination de rayons cosmiques, vous ne vous débarrasserez pas du magnétisme d’Agnès Obel. C’est qu’elle a réveillé et énergisé vos cellules qui vibrent maintenant dans tous les sens, joyeusement.

Je sais, j’ai parlé de tout sauf du deuxième album d’Agnès Obel, mais vous savez quoi ? Je trouve que ce serait vulgaire et déplacé de juger quelqu’un à ce niveau là.

Quand une œuvre musicale atteint un tel degré de perfection, on ne dit rien, on se tait, et on écoute…

Chutttttt, laissez vous aller, ça va aller, ça va aller, Allez-y Agnès, chantez pour eux, chantez pour nous, chantez pour le monde, on a besoin de vous…

Extrait de « Words are Dead »

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