André Manoukian nous parle ce matin du claviériste électro-poétique, Rone, installé à Berlin pour composer son deuxième et somptueux album « Tohu Bohu ».

__ Extrait de « Parade »

Le père de l’électro, de la techno, de la transe, des technivals et des ravers de toute la planète, le père de Jean-Michel Jarre et de Vangelis, de Carl Cox et de David Guetta est un polytechnicien français né en 1910 et mort en 1995 qui s’appelait Pierre Schaeffer. En 1948, il invente la technique de la boucle, la loop comme on dit aujourd’hui, avec des vinyles, par la technique du sillon fermé, en gros du disque rayé, qui va donner la répétition ad libitum d’une même séquence sonore, technique reprise plus tard par toute l’école psychédélique, des Beatles aux Pink Floyd. Dans les années 50, l’harmonie occidentale est allée au bout du système tonal. Pierre Schaeffer invente le concept d’objet sonore. Puisqu’on ne peut plus inventer avec les tons, alors il joue avec les sons, à partir d’agrégats sonores qu’il fabrique lui même et qu’il va agencer pour produire la musique concrète. En incorporant la technologie à la composition musicale, il devient le saint patron de tous les claviéristes psychédéliques de la planète, dont Rone est le plus brillant rejeton.

Extrait de « Lest’ go »

Quand Rone pose ses mains sur son clavier, c’est sûr qu’il est connecté à autre chose qu’à son compteur bleu. Disposer de textures sonores et les agencer par couches superposées à l’infini dans son direct to disc, est à la portée du moindre bricolo de console de jeu. Mais jamais Rone ne cède à cette facilité. Il faut avoir un goût sur et un sens aigu de la rhétorique électrique pour construire des arches soniques sous tendant une œuvre musicale. Pour avancer dans la jungle des sons, dans l’infini des possibilités sonores d’un synthé, il faut avoir une sacrée boussole et de vrais principes. Les sons de Rone sont organiques, dessinent des courbes dans l’espace, sont palpables, ont des textures, des couleurs, des odeurs. Les sons de Rone sont une invitation au rêve, ont des vertus thérapeutiques. Il joue sur la simplicité apparente d’un riff, d’une cellule répétitive qu’il va déformer petit à petit, qui va évoluer, comme une infinité de tableaux sérigraphiés qui se baladeraient en apesanteur aux confins de la galaxie.

Extrait de « Fugu Kiss »

« Tohu Bohu », nous dit Rone, c'est une sorte de gros chaos, de gros bordel, que j'ai essayé de maîtriser et de mettre en forme sur un disque. Tohu Bohu, c’est le mot hébreu qui désigne dans la Bible, le chaos d’avant la Création. C’est tout le travail de Rone : extraire les idées du magma sonore, les agencer et les transformer en énergie positive, en bande son idéale qui va nous donner le courage d’affronter le film urbain de notre vie…

Extrait de « Beast»

Rone, à découvrir en live ce soir sur l'antenne de France Inter, à l’occasion de son concert à l’Olympia, retransmis en direct de 21h à 23h.

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