A Angoulême, en Charente, une monnaie locale, la Bulle, connaît un certain succès grâce notamment au soutien de la communauté urbaine.

La Librairie Cosmopolite, un des commerces qui accepte la Bulle à Angoulême
La Librairie Cosmopolite, un des commerces qui accepte la Bulle à Angoulême © Radio France / Lionel Thompson

Si cette monnaie complémentaire locale s'appelle la Bulle, c'est bien sûr parce qu'Angoulême est LA ville de la BD, avec son célèbre festival. La Bulle, en version papier puis numérique, avec une application mobile, a été lancée en 2019 par l'association Poivre MLC. Il a d'abord fallu tordre le cou à un préjugé tenace : non, ce n'est pas une crypto-monnaie rappelle Olivier Tourvieille, l'un de ses fondateurs !

La Bulle est un moyen de paiement charentais. Au même titre que les tickets restaurant, les chèques Cadhoc, etc. L'énorme intérêt de la Bulle c'est qu'elle ne coûte rien en commission au commerçant, au-delà des frais d'adhésion, et qu'elle peut recirculer.

Des monnaies locales, il y en a d'autres en France mais celle-ci a la particularité et l'avantage d'être soutenue par les chambres de commerce et d'industrie et la communauté de commune GrandAngoulême, dont Vincent You est le vice président.

C'est un outil innovant qui nous est apporté par des citoyens. Ca nous a paru fondamental de jouer cette carte au maximum. On a besoin que les PME de Charente se rapprochent des habitants et se rapprochent entre-elles. La monnaie locale permet ce rapprochement.

250 000 euros distribués en Bulles

L'agglomération a décidé de distribuer des bons de 50 euros en Bulles aux professionnels de santé ou bénévoles qui ont participé à la vaccination contre le Covid 19, pour une valeur totale qui pourra aller jusqu'à 250 000 euros. Plus de 130 commerçants acceptent cette monaie locale. Parmi eux, par exemple, Pascal Dulondel, directeur de la Librairie Cosmopolite. D'abord réticent, il s'est finalement laissé convaincre.

Chaque jour on nous apporte des Bulles à la caisse. Nos hôtesses de caisse étaient même surprises. J'ai envie de croire que ça va augmenter. On a fait l'inventaire des fournisseurs avec qui nous pouvons travailler en Bulles. On s'aperçoit qu'il y en a qu'on va pouvoir payer en Bulles.

Pour Olivier Tourvieille, une monnaie locale a aussi une vertu pédagogique et elle créé un autre rapport avec l'argent et les commerçants. "J'ai toujours un plaisir fou à payer en Bulles, alors que je ne suis pas un consommateur acharné. Il y a une relation différente commerçant-consommateur qui s'instaure. Je sais que si je dépense une Bulle ici, elle va continuer à circuler dans le territoire et avoir un effet multiplicateur des richesses du territoire." Tout n'est pas parfait, bien sûr, et les instigateurs de La Bulle sont porteurs d'une proposition pour que les collectivités puissent payer leurs fournisseurs en monnaie locale. 

On peut aller au théâtre en payant en Bulles, par exemple, mais le théâtre ne peut pas les dépenser. C'est ça que je changerait.

Proposition qui relèverait d'un vote des parlementaires.