Le collectif Vent Debout 59 s'oppose au projet d'éoliennes en mer au large de Dunkerque. Rencontre avec un de ses fondateurs.

Champs d'éoliennes en mer. Ici au Danemark
Champs d'éoliennes en mer. Ici au Danemark © Getty / imagean

C'est un professeur de sports de Dunkerque, Florent Caulier, que rien ne prédestinait à priori à se transformer en Don Quichotte, qui a pris la tête de ce combat en fondant le collectif Vent Debout 59. C'est en prenant de la taille du projet qu'il a vu rouge.

Ce qui m'a choqué, moi qui étais plutôt pour le développement des énergies renouvelables, c'est sa configuration. Je me suis rendu à la réunion de débat public et j'ai découvert le détail. 46 éoliennes de 300 mètres de haut, c'est à dire 46 tours Eiffel, à 10 kilomètres de la plage. Ca ressemble à un site industriel. J'ai trouvé ça assez scandaleux

C'est vrai que le projet est important dans un site où les vents promettent une production de 600 Mégawatts

Mais sa taille n'est pas le seul point qui a provoqué la colère de Florent Caulier : "Je me suis rendu compte qu'on était aussi sur un projet en plein cœur d'un site Natura 2000. On met un site industriel dans un site qui est quand même sensé être protégé. Ca aussi, ca m'a interpelé. 

C'est aussi un important couloir de migration des oiseaux, raison pour laquelle la LPO, la Ligue de Protection des Oiseaux y est opposée

Une pétition et plus de 7000 signatures

Le collectif a lancé une pétition qui a recueilli plus de 7000 signatures pour demander une consultation locale. Florent Caulier pense que d'autres projets seraient possibles pour développer les énergies renouvelables.

Nous on a des idées aussi mais on ne nous écoute jamais. Pourquoi pas des mix énergétiques en circuit court ? A Dunkerque, on a une centrale nucléaire juste à côté. Les besoins sont déjà couverts. Je ne suis ni pronucléaire, ni anti-éolien. Je suis pragmatique.

En bon pragmatique, Florent Caulier, qui réfute toute récupération politique, sais bien que ce projet porté, entre autres, par EDF et RTE, soutenu par les élus locaux et le gouvernement, sera bien difficile à contrer. Mais il aimerait que ça change car le débat public, selon lui, était joué d'avance.

La première chose ce serait d'écouter les habitants. Ils savent quels sont les besoins sur leur territoire, ce qui est le moins impactant en termes d'écologie. Ce qu'on réclame, c'est un semblant de démocratie.

Le débat n'est donc pas clos. Vous pourrez trouver les détails du projet sur le site de la Commission nationale du débat public.