Une jeune entreprise nîmoise a eu une idée toute bête mais pratique : imprimer le passe sanitaire sur une carte de type carte bancaire. Elle peut être utile notamment pour les seniors peu à l'aise avec leur téléphone mobile.

Adil Mouttaqui (à gauche) et Rachid Neggaz, créateurs de QR19
Adil Mouttaqui (à gauche) et Rachid Neggaz, créateurs de QR19 © Radio France / Lionel Thompson

Cette entreprise, Mifox, créée en 2019 proposait à la base des supports publicitaires pour les commerçants mais la COVID est passée par là et l'activité a chuté. Il a donc fallu s'adapter et c'est en discutant notamment avec des restaurateurs, qui leur parlaient des difficultés des clients avec le passe sanitaire sur téléphone ou sur papier, que les deux créateurs de l'entreprise ont eu cette idée, explique l'un d'eux, Adil Mouttaqui.

Le papier, quand on le met dans sa poche, il se froisse. S'il pleut, il est mouillé et le code QR devient illisible. Mes parents, par exemple, ne savent pas comment aller sur l'application. Moi, j'étais cet été en Roumanie, j'étais constamment en train de ménager ma batterie de téléphone. On s'est dit : pourquoi ne pas créer un support rigide ? On a créé QR19, un passe sanitaire imprimé sur carte PVC.

Il suffisait d'y penser et d'investir dans une petite imprimante à cartes. Les clients envoient leur QR code via internet et et il n'y a plus qu'à l' imprimer et à expédier la carte au client. Ces clients, qui sont-ils ?

On a énormément de personnes âgées, des jeunes qui commandent pour leurs parents. On travaille à un partenariat avec la ville de Nîmes pour le proposer aux personnes âgées ou handicapées dans une permanence.

Michel, nîmois et membre d'une association de retraités, de passage dans les locaux ce jour-là, confirme l'intérêt pour cette carte : "Je fais partie d'une association, je leur en ai parlé, ils étaient intéressés. La société est venue sur place nous les imprimer."

Michel, retraité : pour tout vous dire, j'en ai quatre ! J'en ai un peu de partout : sur ma trotinette, sur moi... C'est tellement simple !

Des clients belges ou suisses

L'idée durera ce que durera le passe sanitaire, c'est à dire plus très longtemps en France, on espère, mais il y a aussi des clients belges ou suisses. Un inconvénient, quand même : c'est du plastique, donc des déchets qu'il faut penser à recycler. 

Vu les données que contient la carte, Adil Mouttaqui conseille de la détruire avant de la mettre dans un conteneur de recyclage. On lui demande s'ils n'ont pas aussi pensé à faire des cartes pour les anti-passe. Cela le fait rire et il répond qu'il est ouvert à toute les idées. Mais il reconnait aussi que leur initiative leur a valu des critiques, voire plus.

On a reçu pas mal d'insultes, des gens qui considèrent qu'on est des collabos, etc. Nous, on est juste une petite structure qui trouve des solutions pour faciliter la vie des gens mais on est ouvert à tout le monde !

Précisons que l'entreprise ne conserve aucune donnée après impression de la carte et que celle-ci coûte 9,90€.