Ouvrir l'Horizon, à Nantes, propose des paniers artistiques sur le modèle des AMAP pour relancer la vie culturelle mise à mal par la crise sanitaire.

"12, l'année blanche", l'un des 42 spectacles proposés en Pays de Loire par Ouvrir l'horizon
"12, l'année blanche", l'un des 42 spectacles proposés en Pays de Loire par Ouvrir l'horizon © Guillaume Mailles

L'association est née pendant le premier confinement pour permettre avant tout aux artistes et professionnels du spectacle d'avoir du travail, explique Guillaume Mailles, co-président de l'association. 

C'est d'abord une urgence sociale, le besoin pour les artistes de retravailler. Une urgence artistique : créer. Une urgence sociétale : que le public puisse aller à la rencontre des créations. 

A l'abri d'un mobile home niché dans un hangar des faubourg de Nantes, les membres de l'association gèrent le planning des spectacles, recherchent les professionnels disponibles en prenant en compte leur situation sociale, pour faire travailler ceux qui en ont le plus besoin.   

Des formes artistiques libres

Plusieurs centaines d'artistes se sont inscrits. L'association les a réunis pour constituer des groupes interdisciplinaires de deux ou trois artistes qui proposent des spectacles dont la forme est libre. L'association est juste-là pour organiser le travail et garantir cinq représentations proposées sous forme de panier donc, comme dans une AMAP, nous dit Martine Ritz, comédienne et membre du Syndicat des artistes CGT.

C'est venu de l'idée du circuit court, au moment du confinement. On ne pouvait pas bouger à plus d'un kilomètre, puis 10 kilomètres... On s'est dit qu'on allait faire des circuits courts et l'idée nous est venue des AMAP. Les gens ne vont pas choisir les formes artistiques, comme les légumes dans le panier.

Pour les organismes ou institutions qui achètent les spectacles, sans savoir quelles formes ils prendront, pour les spectateurs aussi, c'est la surprise s'amuse Guillaume Mailles.

Quelques fois ça donne des choses vraiment originales. J'ai assisté à une représentation dont la forme était très contemporaine, mêlant de l'électro, de la danse, du chant. Ca a beaucoup plu. Ca leur faisait du bien de voir quelque chose de professionnel et original. Je ne pensais pas que ça aurait forcément marché mais, en fait, si.

Partie de Nantes, la formule a essaimé

 Une association équivalente existe en Centre-Val-de-Loire, une autre se crée en Auvergne-Rhône-Alpes. De quoi donner des idées à Guillaume Mailles.

On pourrait avoir une fédération ou une union nationale de ce projet, pour faire pression dans le bon sens, pour permettre à ce secteur d'être en bonne santé, d'amener peut-être même des revendications au niveau ministériel, pour dire qu'on a des propositions concrètes pour que ce secteur aille bien.

Ouvrir l'horizon partout en France pour les artistes, particulièrement touchés, c'est vrai, par la crise sanitaire.