L'association "Salam Dunkerque" apporte depuis près de 20 ans des repas aux migrants installés dans un camp sauvage.

Claire Millot, secrétaire générale de Salam Nord Pas-de-Calais
Claire Millot, secrétaire générale de Salam Nord Pas-de-Calais © Radio France / Lionel Thompson

La distribution se répète quatre fois par semaine, le midi, aux abords du camp. Plusieurs centaines de migrants forment une file d'attente plus ou moins ordonnée. Des hommes en grande majorité mais aussi quelques femmes et des enfants. Claire Millot, une des responsables de l'association, nous a reçu un peu plus tôt dans le local où les bénévoles se relaient chaque jour pour préparer les repas.

Claire Millot : 

"C'est bien d'être sept bénévoles par jour. C'est des gens différents tous les jours. Aujourd'hui, le repas c'est du poulet, c'est la viande la moins chère, des pâtes et des légumes.

Le choc des premiers jours

Les migrants ont commencé à affluer à Grande-Synthe en 2002, après l'évacuation du camp de Sangatte. Claire Millot, professeur de Lettres à la retraite, a rejoint l'association en 2009. Elle se souvient du choc des premiers jours : 

J'ai trouvé des gens, debout, droits dans leurs bottes, qui tendent la main... En quelques jours ça a changé ma façon de voir la vie ! De me rendre compte qu'il y avait des gens qui avaient tout quitté parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils pensent qu'ils pourront passer en Angleterre facilement puis se rendent compte que ce n'est pas si simple mais ils tiennent le coup. Quelque part, c'est gratifiant de les aider.

Claire Millot poursuit : "Je suis arrivé à une époque où il y avait 50 migrants à Dunkerque. A Noël 2016, on avait 2800 personnes. Monsieur Sarkozy avait dit "il n'y aura plus de migrants à Calais" mais ils sont restés, dans les parcs, les dunes... C'est là que des gens ont commencé à vouloir les aider." 

Près de 20 ans plus tard, rien n'a vraiment changé. Et Claire Millot est la première à le regretter. 

"Actuellement, je me dit que c'est sans fin. A moins d'un changement de gouvernement ou de régime. Ce n'est pas Monsieur Darmanin qui va venir signer une convention ici pour aider. Si on avait un régime plus humain, on pourrait espérer un accord avec l'Etat pour que ces gens soient traités dignement. Il ne faut surtout pas oublier que ce sont des gens, comme nous."   

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