Ils se sentent un peu oubliés après l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les riverains de l'actuel aéroport Nantes Atlantique, implanté tout près de la ville, continuent pourtant de se battre contre son réaménagement et la hausse du trafic.

Paolo Ferreira dans son jardin, à Rezé
Paolo Ferreira dans son jardin, à Rezé © Radio France / Lionel Thompson

Paolo Ferreira habite depuis 3 ans une jolie maison à Rezé, au Sud de Nantes. Il nous reçoit dans son jardin pour nous expliquer, entre deux avions, tout le mal qu'il pense du projet de réaménagement qui a ressurgit après l'abandon de Notre-Dame-des-Landes.

Chercher à doubler le traffic pour passer à 14 millions de passagers, soit à peu près 100.000 mouvements (par an NDLR), c'est une aberration complète. Nantes Atlantique est un aéroport situé à 10 minutes du centre ville historique de Nantes, construit sur une zone Natura 2000. Qu'on ne se trompe pas : l'objectif n'est pas d'être contre les avions mais de se poser la question de maintenir et développer un aéroport urbain avec de telles contraintes.

A ce moment-là, justement, un avion passe et interrompt la conversation. Paolo Ferreira nous détaille la fréquence des vols à ce moment de la journée.

La fréquence dépend en fait de l'heure. Généralement, c'est soit tôt le matin, soit entre midi et deux. Là, vous en avez toutes les 3 ou 4 minutes. A partir de 17h00 jusqu'à 22h00, vous en avez à peu près toutes les 5 à 10 minutes.

Et ça pourrait donc doubler à l'avenir. Mais ce qui a poussé Paolo Ferreira a adhérer au COCETA, le Collectif des Citoyens Exposés au Trafic Aérien, c'est d'abord un débat public qu'il a trouvé biaisé.

Ça a commencé par un débat public où j'ai vu qu'on était farouchement dans un exercice d'Etat qui n'était pas franc. On cherchait à imposer un projet qui allait à l'encontre de l'intérêt du citoyen. C'est ce qui m'a poussé à m'investir sur ce sujet-là.

Un plan de prévention du bruit validé contre l'avis des riverains

Comme souvent, dans ces grands projets à fort enjeux économiques et politiques, les citoyens sont beaucoup consultés mais ont l'impression de ne pas être entendus.

Il y a eu un PPBE (plan de prévention contre le bruit) qui a été validé par la préfecture alors qu'il a été rejeté par les deux tiers de la commission. 100% des élus et quasiment 100% des associations ont voté contre ce PPBE. Les seuls à avoir voté pour sont ceux qui vivent de l'aviation. Je trouve qu'on ne respecte pas les citoyens et encore moins les élus. Je trouve ça triste.

Pour calmer le jeu, la DGAC a annoncé l'instauration d'un couvre-feu sans avions, de minuit à 6 heures du matin, dès mars prochain mais le projet avance inexorablement. L'appel d'offre pour le réaménagement doit aboutir l'été prochain. Paolo Ferreira aimerait que l'Etat fasse marche arrière et reconnaisse son erreur.

Il faut accepter de s'être trompé. Ça changerait tout si l'Etat acceptait de remettre le projet à l'ouvrage et de redéfinir un autre projet. Mais on n'a pas encore cette culture de l'erreur en France. Si on reconnaît qu'on s'est trompé, c'est qu'on est faible. Alors qu'au contraire, c'est courageux de reconnaître ses erreurs et d'aller de l'avant.

Un autre site pour un aéroport, après le fiasco de Notre-Dame-des-Landes ? Pas sûr que les riverains soient entendus...