La Coop 5pour100, à Caen, c'est une ressourcerie, mais aussi une épicerie et un restaurant. Tout un écosystème coopératif qui permet de recycler et de ne pas gâcher.

L'épicerie de la coopérative 5pour100 à Caen
L'épicerie de la coopérative 5pour100 à Caen © Radio France / Lionel Thompson

Pourquoi ce nom, 5pour100 ? Tout simplement parce que les créateurs de cette coopérative étaient à l'origine 5 et pensaient pouvoir embarquer au moins 20 personnes chacun dans l'aventure. 

5 pour 100, ça commence d'abord par la ressourcerie, l'activité principale de récupération d'objets en tous genres auprès des particuliers, qui viennent les déposer sur place ou dans l'une des déchèteries partenaires. Les objets sont vérifiés et au besoin réparés.

Nadine, bénévole : Je répare une chaise bébé de poupée. Mais j'apprends, là. C'est pas tout à fait mon rayon, le serre-joint !

Nadine, qui se débat avec un serre-joint, est retraitée et bénévole. Elle finit par arriver à fixer son serre-joint sur la chaise bébé. Camille, elle, est salariée de la coopérative. 

Elle nous accompagne dans la salle de vente où sont exposés les objets recyclés, de l'ordinateur à la machine à café en passant par les livres, les DVD ou les bibelots. Tout un bric-à-brac d'objets d'occasion divers proposés à la vente pour une seconde ou une énième vie.

C'est un gros travail de mise en rayon des différents objets. Il faut leur donner un prix, au plus juste, le but étant de faire des petits prix.

Un écosystême qui permet des petits prix

Des petits prix, c'est aussi la philosophie pour l'épicerie attenante qui pratique trois niveaux de marge différents suivant le caractère plus ou moins nécessaire et local des produits. Car l'originalité de cette coopérative c'est qu'elle combine plusieurs activités complémentaires.

Si on arrive à avoir une faible marge, notamment pour les produits locaux, c'est justement parce qu'on a un lieu avec plein d'activités : la ressourcerie, l'épicerie, la cantine... C'est un écosystême qui permet d'avoir des prix bas sur certains produits en épicerie. Sinon, ce ne serait pas forcément rentable.

La logique est la même pour la cantine de la coopérative qui travaille exclusivement avec les produits de l'épicerie. Ce qui permet au final d'avoir très peu de perte.

On fait les menus en conséquence. On est vraiment dans une logique de réduction des déchets.

En cuisine, Isa, l'une des 11 salariés de la coopérative, prépare un quatre quarts au cumin et au gingembre pour le dessert du lendemain midi. Camille, elle, aprécie l'esprit coopératif du lieu.

Je suis arrivée en tant que bénévole et ensuite j'ai intégré l'équipe. On a créé nos postes, en quelque sorte. Ici, la gouvernance est partagée autant entre les usagers qu'entre les salariés. On a tous le même taux horaire pour les salaires, quelles que soient nos compétences et notre CV. C'était important pour nous aussi d'avoir un salariat qui ait du sens.

Le lieu compte 500 souscripteurs, bénévoles ou usagers, il est ouvert depuis 2019 et accueille les clients du mercredi au samedi.