Connaissez-vous le pionnier du commentaire sportif radio-diffusé ? Edmond Dehorter !

Le pionnier du commentaire sportif radio-diffusé : Edmond Dehorter
Le pionnier du commentaire sportif radio-diffusé : Edmond Dehorter © Maxppp / Bibliothèque nationale de France

Première date à retenir : le 6 octobre 1923, il y a donc 98 ans. La toute première retransmission sportive radiophonique en France. Ce n'est pas du foot, c'est de la boxe.

Un combat assez banal, entre le français Eugène Criqui et le belge Henri Hebrans, salle Wagram, à Paris. Pour la première fois, les rares Français équipés d'un récepteur peuvent suivre un moment de sport avec leurs oreilles.

La voix qu'ils écoutent, c'est celle du "parleur inconnu" : il s'appelle Edmond Dehorter

Le parleur inconnu, c'est son pseudonyme. Les historiens le présentent comme le premier commentateur sportif français.

▶︎ Extrait sonore de Edmond Dehorter, à l'antenne de Radiola... l'ancêtre de Radio-Paris. Il commente un match de mbose entre l'Américain Frankie Genaro et le Frannçais Emile Pladner, pour le titre de champion du monde (1929).

Pour la petite histoire, c'est Genaro, sa crinière en broussaille et sa culotte grenat qui a remporté le combat ce jour-là. On est encore dans les années 20 et entendre ça sur les ondes, c'est une vraie révolution - on rappelle que la télévision n'arrivera dans les foyers français qu'en 1935.

Au début, ça ne plait pas à tout le monde…

En 1923, la presse écrite salue la performance technique mais s'inquiète aussi car en 1924, aris accueille les Jeux Olympiques et pas question de se faire damer le pion par le média de l'instant. Edmond Dehorter est d'abord interdit de stade. Peu importe, il va s'installer dans la nacelle d'un ballon captif, une sorte de montgolfière relié au sol. De là, il commente les épreuves en direct toujours sur la fréquence de Radiola. D'un même regard, il peut voir plusieurs sites olympiques comme le tout nouveau stade de Colombes, le Vel'd'Hiv', le plan d'eau d'Argenteuil. 

Petit problème : à cause du vent, il perd parfois de vue ce qui se passe, c'est un peu ennuyeux quand on commente, finalement il va trouver un accord pour entrer dans les stades : à lui le commentaire en direct et à la presse écrite le privilège du compte-rendu de l'évènement.

La guéguerre avec les journaux va durer encore quelques années, notamment autour des terrains de rugby avant que la paix ne soit scélléz sur le Tour de France 1927.

Edmond Dehorter, moustache et nœud pap toujours impeccable n'était déjà plus depuis longtemps "un parleur inconnu".

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