A 25 ans, Sharni Pinfold a réalisé son rêve en devenant pilote moto. Mais elle a décidé d’arrêter sa carrière, dégoûtée par un milieu qui a encore bien du mal à voir des femmes prendre le guidon !

Une motarde a du renoncer à la compétition à cause du machisme ambiant dans le milieu
Une motarde a du renoncer à la compétition à cause du machisme ambiant dans le milieu © Getty / Tassii

C'est l'histoire d'une jeune femme de 25 ans. Une Australienne, dont l'histoire fait le tour du monde, et des réseaux sociaux.  Elle s'appelle Sharni Pinfold. Et elle a réalisé son rêve de gosse : devenir pilote de moto. Une passion que lui a transmise son père, aujourd'hui décédé. 

Pour cela, elle avait tout quitté. Son pays, sa famille, ses amis, toute sa vie. Pour rejoindre l'Europe,  et l'équipe RT Motorsport Kawasaki. Elle a même disputé une course en France, à Magny-Cours, l'an dernier, les championnats du monde de Supersport 300. Cette saison, Sharni Pinfold devait participer au championnat d'Allemagne de Superbike. 

Mais elle a décidé  de tout plaquer. Du jour au lendemain. Elle ne pouvait plus supporter le climat autour d'elle. Les remarques mysogines, depuis des années. Les comportements sexistes, sur les circuits. Alors, elle a posté ce message, sur ses réseaux sociaux : 

“l arrive un moment où assez c'est assez. J'ai l'impression d'avoir atteint ce point. Je sens que je ne veux plus continuer  à être exposée à ce comportement ou être traitée de cette façon. La plupart des défis auxquels j'ai été confrontée sont dus au manque de respect et au traitement désobligeant des femmes. Des choses que je n'aurais jamais eu à vivre ou auxquelles je n'aurais jamais été exposée si j'avais été un homme.

La belle histoire tourne au cauchemar pour Sharni Pinfold, qui préfère donc arrêter là sa carrière

Pourtant, le potentiel était bien  là. Puisque sur les trois manches de la coupe d’Europe féminine, l'australienne est rentrée trois fois dans le Top 10, sur des pistes prestigieuses comme Imola, en Italie, temple des sports mécaniques. Alors qu'elle débarquait tout juste de son bout du monde. 

Preuve qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire...

Les sports mécaniques, c'est un bastion très masculin. Macho. Et Sharni Pinfold en a fait les frais. Mais d'autres femmes tentent de se faire une place, et de  faire bouger les choses. Comme Danica Patrick, qui évolue en NASCAR et en Indycar, ces courses de voitures très américaines où l'on fait des tours de piste ovale. Il y a la japonaise Keiko Ihara, qui a participé aux 24 heures du Mans. Ou encore la française  Michèle Mouton, seule femme à avoir remporté une épreuve de rallye en WRC. Mais ça remonte au début des années 80. 

La solution viendra peut-être de la discipline reine : la Formule 1, où la britannique Jamie Chadwick, 22 ans, espère bien évoluer un jour. Elle est aujourd'hui pilote de réserve chez Williams. Plus aucune femme n'a pris le départ d'un Grand Prix depuis 1976 ! Les choses évoluent, mais lentement, à l'image du projet dans lequel s'est lancé l’ancien pilote de F1, David Coulthard. Il a fondé les "W séries",  des courses automobiles féminines. Pour un jour, pouvoir amener plus de femmes pilotes en F1.