Les gymnastes américaines, victimes d'agressions sexuelles, doivent à nouveau se battre contre leur fédération. En cause, le projet d'un système de dédommagement financier échelonné pour les victimes de Larry Nassar, l'ancien médecin de l'équipe nationale condamné à la prison à perpétuité.

Simone Biles, l'une des victimes de Larry Nassar, s'insurge contre le système de dédommagement de la Fédération américaine
Simone Biles, l'une des victimes de Larry Nassar, s'insurge contre le système de dédommagement de la Fédération américaine © Getty / picture alliance

"Je vais commencer par le fait que je ne peux pas y croire" écrit la quadruple championne olympique de Rio Simone Biles sur les réseaux sociaux. Elle fait partie des victimes du médecin Larry Nassar et elle a attaqué en justice USA Gymnastics, la Fédération Américaine de Gymnastique, pour ne pas les avoir protégées de ce dernier. Alors voici dans le détail ce qu'elle ne peut pas croire, un système de dédommagement financier qui établit en quelque sorte une hiérarchie entre plus de 500 victimes de Lary Nassar, sur 20 ans, selon leur statut, le lieu et la fréquence des agressions sexuelles subies. 

Ce plan de dédommagement échelonné, quelques médias américains se le sont procurés et l'ont révélé : concrètement, les 66 gymnastes-élites dont fait partie Simone Biles toucheraient le dédommagement maximal fixé à 1 250 757 dollars, pour avoir été agressées aux Jeux Olympiques, aux Championnats du monde, aux camps d’entraînement de l’équipe américaine ou lors d’autres événements de l’équipe nationale. Les gymnastes non-élites victimes d’abus sexuels lors d’événements organisés par USA Gymnastics, elles, recevraient 508 670 dollars, les gymnastes abusées dans des lieux n’appartenant pas à USA Gymnastics seraient payées 174 401 dollars et en bas de l'échelle, les personnes ayant subi des actions dites "obliques" auraient 82 550 dollars.

Simone Biles est en colère et elle n'est pas la seule

"Je suis dévastée" twitte celle qui prépare les Jeux de Tokyo, tandis que la championne olympique de Londres Alexandra Raisman qualifie ce système d'"insultant". 

Cela montre qu’ils ne se soucient pas de nous. Ils essaient simplement de mettre l’affaire sous le tapis et espèrent que les gens l’oublieront lorsqu’ils regarderont les Jeux olympiques cet été.

C'est "inadmissible", estime de son côté l'avocat de 182 victimes, John Mendly, qui monte au front pour que ce plan ne soit pas accepté, je terminerai en le citant : "Cette offre empêcherait en outre toute nouvelle action contre les responsables du comité olympique et paralympique américain. [...] Leur plan permet à tous les nombreux protecteurs de Nassar dont l’ancien patron de la Fédération de gymnastique d’échapper complètement à la justice et de ne rien payer", a-t-il dit avant d'aller encore plus loin. 

Que les parents qui envisagent de placer leur enfant dans une salle de sport gérée par USA Gymnastics le sachent. L’instance dit que si un pédophile reconnu se trouve dans ce gymnase et qu’il viole votre enfant, alors votre enfant vaut 82 000 dollars.

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