On monte sur les planches ce matin - les planches de surf bien sûr. Et pour ça, plus besoin de partir sur la Côte Atlantique ! Les vagues viennent à nous désormais, à nous les citadins...

Surfer sur le canal de l'Ourcq à Paris
Surfer sur le canal de l'Ourcq à Paris © AFP / Myriam Tirler / Hans Lucas

Une salle dédiée vient d'ouvrir à Paris, dans le quartier du Sentier. Son gérant, Matt, a expliqué aux journalistes du site internet "vivre à Paris" comment lui est venue cette idée :  

On s'est dit, pendant ce confinement 'La mer nous manque ! Les vagues aussi... Et on s'est dit 'Tiens, si on ramenait des vagues ici ?'

Une vague artificielle, donc, avec de l'eau qui afflue en permanence et que l'on prend avec une VRAIE planche et une VRAIE combinaison.

Faire des villes les places fortes de la glisse

C'est donc une première à Paris, et un autre site suivra au printemps prochain dans le 15e arrondissement. Mais d'autres villes se sont déjà converties au surf artificiel : des salles ont ouvert à Bordeaux, Perpignan, Chateaudun et chez nos voisins à Munich ou Bâle, des vagues statiques sont installées sur les rivières.

Sans surprise, le bleu de la vague se heurte au vert des écologistes 

Ce n'est pas du goût de tout le monde....

L'an dernier par exemple, les habitants de St Père en Ré, près de Nantes, ont manifesté contre un projet de surf park sur un terrain agricole. Le département a donc demandé une évaluation environnementale et pour l'instant le chantier est à l'arrêt.

Et à Sevran, en Seine-Saint-Denis, "la vague Grand Paris" (qui doit être inaugurée avant 2024 sur 32 hectares de terres en friches) suscite elle aussi une vague d'indignation.

Alors il y a plusieurs arguments pour ces détracteurs de la glisse urbaine :

  • d'abord la dépense energétique

Un surf park (au Texas par exemple) dépense 450 kilowatt pour générer des vagues (soit la consommation moyenne de 800 foyers français)

  • En ce qui concerne l'eau... 

25 à 30 000 mètres cubes sont utilisées pour ces spots arficiels - soit 10 à 14 piscines olympiques 

  • Enfin il y a le volet social

A Sevran par exemple, où les piscines municipales sont délabrées et où un enfant sur deux ne sait pas nager.... Un projet à 250 millions d'euros et un billet d'entrée qui frôlera les 30 euros, ça fait évidemment tiquer. 

La mairie s'est donc engagée à organiser un référendum local pour ce projet soutenu par la fédération française de surf, qui y voit une solide base arrière d'entraînement... alors que la discipline aurait dû justement cette semaine faire sa première apparition olympique à Tokyo.

Le surf sera de toute façon une épreuve des JO de 2024 - mais à Tahïti, pas à Paris 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.