Le mythique avant-centre de l'Allemagne de l'Ouest des années 1970, Gerd Müller, vient de fêter ses 75 ans cette semaine. Peut-être l'un des derniers anniversaires de "Der Bomber".

Le footballer Gerd Müller (il y a 10 ans sur cette photo)
Le footballer Gerd Müller (il y a 10 ans sur cette photo) © AFP / PETER KNEFFEL / DPA / dpa Picture-Alliance

Dans un entretien au journal allemand Bild, sa femme, Uschi Müller a donné des nouvelles de Gerd, et elles ne sont pas bonnes. Il est atteint de démence sénile. C'est un témoignage fort, émouvant. Dans lequel la femme de Gerd Müller explique que son mari glisse doucement "vers l'au-delà en dormant". "Il est presque 24h sur 24 au lit, il n'a plus que de rares moments d'éveil", dit-elle, "mais il est calme, paisible", et elle ajoute : "c'est beau, lorsqu'il ouvre un peu les yeux".

"Les gens parleront encore de Gerd Müller dans 100 ans…" 

Ces mots, ce sont ceux du grand Franz Beckenbauer, l'autre légende du football allemand, et grand ami de Gerd Müller en dehors du terrain. 

Il faut bien comprendre que Gerd Müller, c'est un monstre sacré. Qui détient encore bon nombre de records. 40 buts en une seule saison de Bundesliga, par exemple. C'est l'Allemagne championne du monde en 1974. Il incarne aussi le grand Bayern Munich, au sommet du football européen. C'est un personnage central du football en Allemagne, et du Bayern, comme le rappelait Franz Beckenbauer il y a quelques années déjà, en 2015, alors que Gerd Müller avait publiquement annoncé qu'il souffrait de la maladie d'Alzheimer... 

Cette démence sénile dont souffre Gerd Müller, elle touche d'autres grands footballeurs

De plus en plus d'ailleurs. Pour preuve, on a appris il y a quelques jours à peine que Sir Bobby Charlton, la légende de Manchester United, était atteint du même mal. C'est quand même le sixième champion du monde anglais de 1966 qui est atteint de démence sénile

C'est le mal des footballeurs, comme l'a montré une étude anglaise publiée l'an dernier sur la question, et menée sur d'anciens joueurs professionnels écossais. Le risque de mourir d'une maladie neurodégénérative est trois fois et demie plus fort que le reste de la population. En revanche, l'étude ne montre pas si ce sont les chocs à la tête, les commotions, mais aussi le jeu de tête tout court, qui sont à l'origine de cette surmortalité.